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Licenciée, la cantinière de l’école de Challain-la-Potherie se défend... |
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Le licenciement de la cantinière de Challain-la-Potherie interroge dans la commune et fait monter le ton au sein du conseil municipal (photo d’illustration). © Archives Thierry Creux/Ouest-France
Mélanie Sarpedon, employée en CDI, notamment à la cantine scolaire, a reçu un arrêté de la municipalité de Challain-la-Potherie (Maine-et-Loire) lui signifiant qu’à la suite d’un conseil de discipline, elle est licenciée. Elle souhaite éclairer les Chalainois qui s’interrogent.
Employée à un poste d’adjoint technique territorial à la commune de Challain-la-Potherie, Mélanie Sarpedon était en litige avec son employeur depuis plusieurs mois. Après avoir eu le choix de démissionner ou de passer devant le conseil de discipline, elle a opté pour ce dernier. Le 25 août, elle a été licenciée (six voix pour, cinq contre). Elle dispose d’un délai de deux mois à compter de la notification de la sanction pour déposer un recours devant le tribunal administratif, pour excès de pouvoir.
L’affaire faisant grand bruit dans la commune, Mélanie Sarpedon a souhaité apporter quelques précisions aux habitants qui s’interrogent sur la méthode, et plus spécifiquement aux parents d’élèves de l’école Grain-de-Soleil, lesquels ont mis en place une pétition pour la soutenir et réclamer sa réintégration. Plus de la moitié d’entre eux l’ont paraphée.
« Ne pensez-vous pas qu’un blâme aurait suffi ? »
Sur le compte rendu du conseil de discipline, on lit que monsieur le maire a demandé mon expulsion. Est-elle de sa propre initiative ou celle d’un vote du conseil municipal ? »,
questionne Mélanie Sarpedon.
Une expulsion définitive qu’elle était prête à éviter. Elle avait proposé, dès le début du litige, de régler la somme constituant le litige lié au non-paiement des frais de repas de son propre enfant à la cantine dont elle avait la responsabilité. Un préjudice calculé à moins de 200 €. Ne pensez-vous pas qu’un blâme aurait suffi ? »,
interroge-t-elle.
Elle se montre suspicieuse quand elle lit le rapport du conseil de discipline, dans lequel il est spécifié que comme représentante des territoires et participante au vote du conseil de discipline figure Élisabeth Marquet, la mère de Claire Marquet, secrétaire de mairie de Challain-la-Potherie, personnel communal avec qui le conflit à démarrer et qui a été présente lors de ma mise à pied expéditif à la cantine »
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Élisabeth Marquet était dans cette affaire présidente du conseil de discipline
a fait savoir Dominique Faure, conseiller, lors du conseil municipal du 30 août.
Un conseil municipal houleux
Une séance du 30 août particulièrement houleuse, une vive altercation ayant éclaté entre le maire, Anaël Robert, et plusieurs élus au sujet de ce licenciement. On n’a pas le droit de parler des problèmes de personnel en séance de conseil municipal »,
a argumenté le premier édile.
Dominique Faure a néanmoins lu les six questions rédigées au préalable. Parmi elles : « Qui trouve la décision trop sévère et non proportionnelle à ce litige ? » Plus de la majorité des élus ont levé le bras. Et Dominique Faure d’ajouter : « Jamais le conseil de discipline n’avait pris une telle décision pour une première faute avec un préjudice aussi faible. Pourquoi cette fois-ci ? Pourquoi n’avoir pas donné une seconde chance à Mélanie Sarpedon, dans un esprit de justice ? »