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Les élus des CE démunis face à la crise... |
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Philippe Bourgeteau le directeur de la Dacc49 et son président Patrick Gilbert débordés par les cartons de cartes Césame, signe des difficultés des salariés face à la crise.
Ils avaient accepté un poste bénévole pour gérer les chèques vacances, les arbres de Noël et autres sorties culturelles. Ils se retrouvent face aux plans sociaux et drames humains.
Des couloirs encombrés de cartons de cartes de réduction à livrer. Du jamais vu depuis 25 ans qu'existe l'association qui gère les comités d'entreprise en Anjou (Inter-DACC). La demande augmente de 15 % cette année. Délivrée par les CE, la carte Césame permet des réductions dans différents domaines du loisir. « Les salariés cherchent à gratter 5 € par ci, 3 € par là pour les inscriptions de leurs enfants en sports ou autres activités culturelles. Par contre, fini le temps où on se battait pour une place dans un bus pour Disneyland ou un spectacle. On rogne aussi sur les livres. Aujourd'hui, les CE de plusieurs entreprises doivent se mutualiser pour réussir à organiser une sortie », constate le directeur Philippe Bourgeteau.
Autre conséquence de la crise, les élus doivent faire face à des missions pour lesquels ils ne sont pas préparés : « Les salariés n'arrivent plus à boucler le budget familial et demandent aide à leur CE. Nous enregistrons une augmentation des prêts sociaux. Le problème, c'est que nous ne sommes pas des banquiers. Les élus des CE entraînés par leur bon coeur risquent d'emmener certains salariés dans le mur de l'endettement. »
Formations pour les élus dépassés
Du coup, deux comités d'entreprise en Anjou ont vu leurs élus démissionner, récemment.
Une situation inquiétante : à tel point que le directeur a mis en place, en urgence, des formations pour ces élus dépassés, démunis face à cette situation inédite. Ils avaient accepté un poste bénévole pour gérer les chèques vacances, les arbres de Noël et sorties culturelles et se retrouvent face aux délocalisations, plans sociaux et drames humains. « Ils doivent se comporter comme des délégués syndicaux, entre la pression des salariés et celle de la direction qui menace de virer tout le monde. Nous venons de réactiver un réseau d'experts, cabinets comptables, juridiques, conseils pour diagnostic au coeur d'une entreprise. »
Le rôle des 2 000 élus des CE en Anjou est en train de changer, il passe du financement d'activités à l'accompagnement du quotidien des salariés et leurs familles.
Et Philippe Bourgeteau espère que le volet loisirs pourra être maintenu, en inventant d'autres formes d'aides. « Le danger est que les familles s'enferment sur elles-mêmes avec pour tout loisir la télé. Fini la course en avant, à la recherche du plus beau spectacle. Pas de folie, mais place à plus de solidarité », conclut le directeur.