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Le centre d’appels Coriolis d’Angers va-t-il fermer ? La direction répond... |
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Selon les syndicats, le plateau « Bretagne » du centre d’appels Coriolis d’Angers a été fermé « en cachette ». L’emploi est au cœur des interrogations. © Archives Ouest-France
Ouvert à Angers (Maine-et-Loire), en janvier 2019, le centre d’appels Coriolis est pointé du doigt par les syndicats Solidaires et Sud. Dans un communiqué diffusé ce mercredi 6 avril, ils dénoncent la fermeture d’un plateau technique. Et s’inquiètent pour l’emploi. La direction, de son côté, s’inscrit en faux et rassure.
Trois années et puis s’en va ? C’est, en substance, la question qui sous-tend le communiqué des syndicats Sud et Solidaires, diffusé ce mercredi 6 avril. Ouvert en janvier 2019, avec 300 emplois à la clé, le centre d’appels Coriolis Service d’Angers (Maine-et-Loire), situé dans le quartier d’Orgemont, est au cœur des interrogations.

Selon les syndicats Sud et Solidaires, photo à l’appui, le plateau « Bretagne » du centre Coriolis d’Angers a été récemment vidé. DR
« Le groupe Coriolis (centres d’appels et opérateur téléphonique, N.D.L.R.) vient de fermer en cachette une partie de son site de production, précisent les organisations. En effet, le plateau « Bretagne » a été vidé de l’entièreté de ses bureaux et autres équipements téléphoniques permettant l’exécution du travail des salarié-es. »
300 emplois, « pour combien de temps » ?
Forcément, les syndicats se posent des questions. « La promesse de 300 emplois est certes encore tenue, mais pour combien de temps ? On peut imaginer non sans mal que la prochaine étape sera la fermeture de l’ensemble du site avec au mieux, en échange, des dizaines de salarié-es en télétravail sans aucune indemnité et droit collectif. »
À la question sur la pérennité de l’emploi sur le site, Sud et Solidaires associent, par ailleurs, le rachat de Coriolis par le groupe Altice, en 2021.
« La coïncidence veut que cette fermeture arrive de manière concomitante à la vente du groupe Coriolis au groupe Altice. Cette vente fait depuis plusieurs mois des remous, puisque la direction se refuse de clarifier l’avenir de la partie centres d’appels du groupe Coriolis. »
Contactée, la direction du groupe se veut rassurante. « Le télétravail est juste passé par-là, souligne Christian d’Oléon, porte-parole de la direction de Coriolis Service. Il s’est développé et, surtout, il est rentré dans les mœurs. Nous rendons des mètres carrés dont nous n’avons plus besoin, tout simplement. »
Recruter plus loin qu’Angers
Preuve, selon la direction, que le télétravail est en pleine expansion à Coriolis Service : « Nous avons développé un modèle baptisé Coriolis at home (à la maison, N.D.L.R.), dans le but de recruter, dans un rayon plus large que celui d’Angers, des collaborateurs qui travaillent de chez eux. Aujourd’hui, pour le centre angevin, nous avons entre 30 et 50 personnes localisées au Lude (Sarthe), à Saumur, à Bressuire (Deux-Sèvres)…»
La fermeture du plateau aura-t-elle néanmoins des répercussions sur l’emploi, comme le craignent les syndicats ? « Cela n’a aucune incidence, ajoute le porte-parole. Nous avons aujourd’hui environ 400 salariés à Angers, nous n’avons pas perdu de clients et nous cherchons encore une cinquantaine de collaborateurs en contrat à durée indéterminée (CDI). Tout cela n’a pas lieu d’être. »
Et le rachat par Altice ? Là encore, Christian d’Oléon s’inscrit en faux : « Il n’y a strictement aucun lien. »