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La question du jour. Soutenez-vous la grève des médecins ?

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Des médecins manifestent à Paris le 10 janvier 2026. © AFP

Des médecins libéraux en grève défilent ce samedi 10 janvier contre ce qu’ils considèrent comme une « dérive autoritaire » menaçant leur « liberté d’exercice ».

Des médecins libéraux en grève depuis lundi défilent samedi à Paris contre une  dérive autoritaire  qui menace selon eux leur  liberté d’exercice , appelant le Premier ministre Sébastien Lecornu à leur  faire des propositions .

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 Nous voulons défendre notre liberté  car l’esprit des  mesures qui ont mis le feu aux poudres ,  c’était de contraindre la médecine libérale  avec  des taxations, des limitations, des pénalités , a résumé Franck Devulder, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) lors d’une conférence de presse dans la matinée.

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En France,  les besoins de soins augmentent mais les moyens dédiés à la santé diminuent, alors forcément, il y a une inadéquation. Et il y a une dérive autoritaire , a déploré la présidente du premier syndicat des généralistes, Agnès Giannotti.

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La manifestation s’inscrit dans le cadre d’une grève du 5 au 15 janvier, qui devrait connaître un point d’orgue en début de semaine prochaine lorsque de nombreuses cliniques privées seront affectées par des fermetures de blocs opératoires.

Une « mobilisation historique »

Signe de la tension ambiante, l’intersyndicale a refusé vendredi un rendez-vous avec la ministre de la Santé Stéphanie Rist à l’issue de la manifestation, estimant qu’elle connaissait déjà  depuis longtemps les points bloquants .

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 Je leur ai fait un courrier pour leur dire que ma porte était ouverte , a insisté Mme Rist sur Europe 1 samedi.

La ministre  est en campagne électorale  (pour sa réélection dans le cadre d’une législative partielle, N.D.L.R.) et  nous ne savons pas si elle sera là à la fin du mois , a répondu la présidente du syndicat SML Sophie Bauer.

Au vu de la  mobilisation historique ,  il est grand temps qu’au plus haut niveau de l’État, le Premier ministre Sébastien Lecornu nous donne des réponses concrètes , a renchéri M. Devulder.

photo les syndicats ont déjà obtenu le retrait de certaines mesures dans la version initiale du budget de la sécurité sociale.  ©  afp

Les syndicats ont déjà obtenu le retrait de certaines mesures dans la version initiale du budget de la Sécurité sociale. AFP

Plusieurs mesures supprimées du budget

Les médecins libéraux ont déjà obtenu la suppression de plusieurs mesures présentes dans la version initiale du budget de la Sécurité sociale, comme la surtaxation des dépassements d’honoraires ou l’obligation de consulter et d’alimenter le dossier médical partagé (DMP) des patients.

Plusieurs points irritants subsistent toutefois, dont la possibilité donnée au directeur de l’Assurance maladie de fixer unilatéralement des tarifs médicaux dans certains cas ou la réduction à un mois de la durée maximale d’un premier arrêt de travail.

Les praticiens s’opposent à d’autres mesures en cours d’examen par le Parlement, comme la possibilité d’imposer des objectifs de réduction des prescriptions aux médecins qui prescrivent nettement plus que leurs confrères en situation comparable.

Et ils redoutent des entraves futures à leur liberté d’installation.  Tout passer par la loi, c’est délétère , a souligné Mme Giannotti, dénonçant aussi une  dérive autoritaire  chez les parlementaires.

 On demande de respecter, de sanctuariser la convention médicale, l’accord qu’on signe avec l’Assurance maladie  tous les quatre ans pour réguler le secteur, a souligné Patricia Lefébure, présidente du syndicat FMF.

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80 % de participation selon les syndicats

Les internes, également mobilisés, dénoncent la mise en place  bâclée  de la réforme instaurant une quatrième année de médecine générale, qui devait initialement leur offrir un an de stage en libéral mais va, par manque de places, pousser de nombreux étudiants à rester  une année de plus à l’hôpital , selon leurs représentants.

Selon la ministre de la Santé - qui reçoit les statistiques avec un délai de 48 heures - l’activité avait diminué mardi de 19 % chez les généralistes et 12 % chez les spécialistes. Des chiffres  pas représentatifs  selon les syndicats car le mouvement prend souvent la forme d’une  grève perlée , les praticiens ouvrant certains jours pour ne pas pénaliser leurs patients.

Selon Lamine Gharbi, président de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), 80 % des 4 000 praticiens inscrits à la  permanence des soins en établissements de santé  (gardes) ont été  réquisitionnés  par les autorités pour maintenir un niveau d’activité minimal en clinique.

D’après les syndicats, qui ont réalisé plusieurs sondages auprès de leurs adhérents, 80 % des praticiens participent au mouvement.

Les grévistes ont reçu le soutien du patron de LR Bruno Retailleau, qui a estimé sur X que  le gouvernement trahit sa parole et méprise la médecine libérale .

 
avec AFP.    Courrier de l'Ouest  

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