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La question du jour. Les tabloïds britanniques sont-ils trop intrusifs avec les stars ?... |
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Le Prince Harry attend beaucoup de ce procès. © Archives AFP
Le prince Harry, dont le procès contre l’éditeur du tabloïd Daily Mail a démarré ce lundi 19 janvier 2026, entretient des relations houleuses avec la presse britannique contre laquelle il a mené plusieurs batailles judiciaires.
Le fils cadet du roi Charles III juge les tabloïds responsables de la mort de sa mère Diana, tuée dans un accident alors qu’elle était poursuivie par des paparazzi à Paris en 1997. Il les a aussi accusés de harcèlement envers son épouse Meghan. Ce lundi 19 janvier, s’ouvre un nouveau chapitre de cette relation conflictuelle, après une plainte déposée contre l’éditeur du tabloïd Daily Mail. Voici les principales affaires qui ont opposé Harry, installé en Californie, à la puissante presse à scandale britannique.
Associated Newspapers Limited
Ce procès est présenté comme le dernier dans la bataille judiciaire du prince de 41 ans contre la presse à scandale. Intenté par le prince Harry - et six autres célébrités dont Elton John - au groupe ANL, l’éditeur du puissant et populaire Daily Mail, il est prévu pour durer neuf semaines. Ces personnalités accusent ANL d’avoir eu recours à des méthodes telles que l’embauche de détectives privés pour installer des dispositifs d’écoute dans leurs voitures et domiciles. Mais aussi de piratage téléphonique, d’usurpation d’identité pour obtenir des informations médicales. La plupart des faits dénoncés remontent à la période 1993-2011, certains datent de 2018. ANL nie en bloc ces accusations.
Ce groupe a échappé à la première vague de poursuites judiciaires contre News of the World (dans les années 2000) et le Mirror Group
, souligne auprès de l’AFP Mark Stephens, avocat spécialisé dans les médias. Pour lui, la question centrale du procès est: les journaux d’ANL étaient-ils vraiment irréprochables
, comme ils l’affirment, ou ont-ils juste échappé à l’attention
?
News Group Newspapers
Il y a un an, le prince a trouvé un accord financier avec NGN, qui fait partie de l’empire médiatique de Rupert Murdoch. Cela a fermé la porte au procès, qui était sur le point de démarrer. Le montant de l’accord, non dévoilé, a été qualifié de substantiel
. Ce dossier concernait les publications The Sun et News of the World, qui a fermé en 2011. Le groupe a présenté ses excuses sans réserve
à Harry pour le piratage téléphonique, la surveillance et le mauvais usage d’informations privées de la part de journalistes et de détectives privés
agissant pour News of the World.
NGN a aussi présenté ses excuses au prince pour l’impact
qu’a eu sur lui la grave intrusion
des médias dans sa vie privée ainsi que dans celle de Diana, princesse de Galles, sa défunte mère
.
Mirror Group Newspapers
Le prince Harry a remporté une victoire majeure en décembre 2023 avec la condamnation de MGN, l’éditeur du tabloïd Daily Mirror. Une victoire qui s’est soldée par le versement de 140.600 livres sterling (162.200 euros) de dommages et intérêts. Le prince Harry et d’autres personnalités accusaient MGN d’avoir eu recours à des procédés illicites pour recueillir des informations, entre 1995 et 2001.
Dans son jugement, la Haute cour a reconnu qu’il a été victime de piratage téléphonique dans une modeste mesure
. Elle a toutefois retenu la détresse
de Harry due à l’activité illégale dirigée contre lui et ses proches
.Le prince était venu témoigner deux jours devant le tribunal, un fait rarissime pour un membre de la famille royale. Il avait alors affirmé que le piratage téléphonique était pratiqué à une échelle industrielle par au moins trois journaux à l’époque
.
Après le jugement, MGN avait renouvelé ses excuses.
Diffamation
Le prince a poursuivi ANL dans une autre affaire : il a accusé l’éditeur du Daily Mail de diffamation après un article sur une autre bataille judiciaire qu’il menait contre le gouvernement britannique concernant sa protection policière. Selon la défense de Harry, l’article de février 2022 accusait à tort le duc de Sussex d’avoir menti
et d’avoir essayé de garder secret
son recours contre le gouvernement pour essayer d’obtenir une protection policière dans le pays.

Meghan Markle et son époux, Harry.? AFP
Harry et son épouse Meghan Markle, qui se sont mis en retrait de la famille royale, n’ont plus droit de façon systématique à une protection policière aux frais du contribuable britannique. Harry avait perdu une première manche dans cette affaire. La justice lui avait ordonné de verser 48 000 livres sterling (56 000 euros) d’ici au 29 décembre 2023 à ANL.
Le tabloïd a annoncé en janvier 2024 que le prince Harry avait retiré sa plainte.