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Histoires baugeoises : une sainte peut en cacher une autre... |
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Le tombeau d’Hedwige de Pologne dans la cathédrale de Wawelà Cracovie. © CO
Une confusion a été faite entre Hedwige d’Anjou, qui fut reine de Pologne, et la duchesse Hedwige de Silésie, toutes deux canonisées.
L’église de Chartrené, commune déléguée de Baugé-en-Anjou, possède une statue sculptée par Nicolas Bouteiller de la Flèche, peut-être vers 1685, représentant sainte Hedwige. Elle prémunirait les futures mères contre les accouchements difficiles, voire tragiques ou prématurés.
Une confusion
La tradition rapporte que neuf femmes mariées devaient se rendre face à elle, celle en tête de la procession allumait un cierge et le plaçait devant la sainte. Après cela, le rituel était simple : les femmes devaient toutes tenir une bougie et prier jusqu’à ce que le cierge s’éteigne. D’ailleurs, ce rituel avait été longuement effectué par Marie, la mère d’Henri Souillet, futur célèbre « Curé des Fleurs », né en 1899 à Chartrené.
Mais d’ailleurs, pourquoi sainte Hedwige à Baugé ? Il faut remonter à la canonisation d’Hedwige d’Anjou en 1997 par le pape Jean-Paul II, première reine de Pologne, née vers 1373 et morte en 1399 après avoir accouché. Membre de la maison d’Anjou-Sicile et donc de la grande famille du roi René, elle avait une place de choix à occuper dans le Baugeois. Pourtant, il semble y avoir une anomalie : comment une sainte canonisée en 1997 a pu être priée au XVIIe siècle ?
Il y aurait eu une confusion avec la canonisation de la duchesse Hedwige de Silésie en 1267 par le pape Clément IV, née vers 1179 et morte en 1243 de maladie. En 1680, le pape Innocent XI étendit son culte à toute l’Église catholique car elle détiendrait le pouvoir d’aider lors de difficultés financières.
Hedwige d’Anjou était donc devenue sainte avant l’heure en prenant la place d’Hedwige de Silésie dans le cœur des Angevins.