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François Bayrou recadre ses ministres depuis le château d’Angers... |
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François Bayrou a visité le château lors de sa venue ce jeudi 24 juillet à Angers. © CO
Sur la promenade des remparts du château d’Angers, François Bayrou a invité jeudi 24 juillet ses ministres à s’accorder et laisser de côté leurs différends pour s’attaquer à la montagne d’économies qui les attend tout en valorisant les « potentiels » de croissance comme le tourisme.
 Nous avons devant nous des enjeux si importants qu’il est illusoire de penser les relever si nous n’arrivons pas à conjuguer nos forcesÂ
, a affirmé le Premier ministre à l’occasion de son premier déplacement depuis la présentation la semaine dernière de son plan de rigueur budgétaire prévoyant près de 44 milliards d’économies.
La tâche est titanesque et lui a valu des menaces de censure de toutes parts.
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 On ne veut pas travailler le lundi de Pâques ! Taxez les riches !Â
, a lancé une femme sur son passage, peu après son arrivée dans le centre-ville d’Angers, ville tenue par l’ancien ministre Horizons Christophe Béchu, dont le parti est un des partenaires de sa coalition gouvernementale.
La proposition du gouvernement de travailler deux jours fériés est celle qui a suscité le plus de critiques.
Depuis la présentation de cette cure budgétaire, le ministre de l’Intérieur et patron des Républicains Bruno Retailleau prend chaque jour davantage ses distances avec la macronie, y compris avec le président Emmanuel Macron, sans vouloir pour le moment quitter gouvernement.
Dans une allusion à son turbulent ministre et aux divisions qu’il suscite, François Bayrou a dénoncé ceux qui Å“uvrent dans leur  coinÂ
, restent  dans leur tuyau d’orgueÂ
, et  n’aiment pas travailler avec d’autresÂ
.
 À mes yeux c’est une fauteÂ
, a-t-il asséné, alors qu’il doit recevoir dans la soirée Bruno Retailleau pour sans doute remettre les pendules à l’heure après que ce dernier a décrété la fin du macronisme et provoqué une levée de boucliers de plusieurs ministres.
Facture
Bon élève, alors que son parti dirigé par Edouard Philippe n’est pas toujours tendre avec le centriste, Christophe Béchu explique que les jardins  anachroniquesÂ
du château vont être transformés en promenade urbaine, parce que leur entretien coûte cher.
Ils signent ensuite ensemble un contrat sur le tourisme d’affaires et l’événementiel avec les professionnels de la filière, ainsi que Régions de France et France Urbaine, dont M. Béchu est un des vice-présidents.
Une association État-collectivités locales qui permet de  jouer en équipeÂ
, salue le maire d’Angers, alors que les collectivités risquent d’être mises au régime sec l’an prochain.
Avant de mettre son paraphe, François Bayrou lui prête un stylo.  C’est tout un symbole de partager le même crayonÂ
, relève l’ancien ministre de l’Écologie.
 Tu me dis à qui on envoie la facture Christophe ?Â
demande en souriant le ministre de l’Économie Éric Lombard, architecte du plan d’économies avec sa collègue du Budget Amélie de Montchalin.
L’ancien responsable sarkozyste Franck Louvrier, désormais deuxième vice-président de la région Pays de la Loire chargé de l’économie, fait valoir qu’un  touriste de loisirs dépense quatre fois moins qu’un touriste d’affairesÂ
. Un secteur que veut doper le gouvernement, alors que M. Bayrou cherche à stimuler la production en parallèle de sa cure d’austérité annoncée.
Sous les voûtes d’une salle du château, avec les six ministres qui l’accompagnent mais sans la presse, le Premier ministre a aussi pu observer la célèbre tapisserie de l’Apocalypse. Un chef-d’œuvre du XIVe siècle, témoin d’une époque troublée par les épidémies et la guerre de Cent ans, mais livrée à un moment (1382) où le pouvoir royal a trouvé la voie de son redressement.