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ENTRETIEN. Auteur, il relate le drame singulier de sa famille durant la Première Guerre mondiale... |
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Michel Girault a écrit « Élise », un livre édité à compte d’auteur. © CO
Habitant de Chalonnes-sur-Loire, près d’Angers (Maine-et-Loire), Michel Girault a enquêté sur sa famille originaire de Bourgneuf-en-Mauges. Avec son livre « Élise », ce dernier raconte l’histoire de sa grand-mère et de ses trois fils tués et blessé en 1915.
Ingénieur agricole, Michel Giraud a beaucoup voyagé. Avec son œuvre, l’écrivain présente Élise, sa grand-mère. L’histoire singulière de sa famille rejoint l’Histoire, dans les moments les plus sombres de la Première Guerre mondiale. Un livre édité à compte d’auteur.  Je prends plaisir à distribuer mon livre, je rencontre plein de gens ! »,
affirme le Chalonnais. Rencontre.
Pourquoi ce livre ?
Michel Giraud : « J’ai commencé à écrire en 2020, pendant le Covid, et mon livre est paru en novembre 2024. J’y retrace le parcours de mes oncles, deux frères, morts au combat, tués à trois mois d’intervalle lors du premier semestre 1915. Un des corps ne sera jamais retrouvé. Un troisième oncle est revenu blessé et resté invalide, blessé à vie. Mon récit s’appuie sur les journaux des marches et opérations (JMO) de la Première Guerre mondiale. »
Pourquoi traiter ce sujet ?
« Page après page, c’est un véritable récit familial dans la France de la première moitié du XXe siècle. Une petite histoire dans la grande Histoire agrémentée d’un peu de romanesque pour devenir une sorte de « narrative fiction » selon le terme littéraire américain, mais ce n’est pas un roman ! En effet, dans ma famille, le décès de mes oncles à la guerre était tabou. On n’en parlait pas. Il a fallu que je fasse des recherches pour les connaître et traduire ce qui était tu. »
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Et vous avez choisi de raconter Élise ?
« Élise, c’est l’itinéraire d’une femme de la campagne, pendant nos deux guerres mondiales. La famille est ancrée sur les terres des Challonges-Girault à Bourgneuf-en-Mauges. Elle a vécu l’horreur de ses deux fils tués et la blessure infinie qui touche aussi les proches. Le soutien psychologique n’existait pas. Les survivants de cette boucherie se raccrochent à ce qu’ils répètent tous : « Ce sera la der des ders. » Élise, c’est aussi la famille qui se prolonge par ce qu’elle a pu ressentir. Je le comprends mieux aujourd’hui à la lumière de ce qui se passe aujourd’hui. C’est à partir de ce parcours de vie qu’Élise, mère blessée à tout jamais, ma grand-mère toujours triste, que j’ai voulu témoigner et conclure par un plaidoyer pour la paix. Le dernier chapitre tente une comparaison avec la période actuelle. Ma grand-mère était pour la paix. Dans les années postérieures à 1945, je la fais adhérer à l’ONU, à Gandhi ou à l’Abbé Pierre. »
« Élise », de Michel Girault. Disponible au Renard qui Lit ou chez l’auteur. Contact : 06 12 77 91 29.
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