|
En Anjou, ces élus veulent avoir un « droit de regard » sur le développement de l’agrivoltaïsme... |
1
Le territoire des Vallées du Haut-Anjou attire les porteurs de projets d’agrivoltaïsme. La communauté de communes a créé une charte pour tenter de cadrer les choses. © Archives Ouest-France
Lundi 20 octobre 2025, les conseillers de la Communauté de communes des Vallées du Haut-Anjou ont approuvé, au Lion-d’Angers (Maine-et-Loire) une charte dédiée à l’agrivoltaïsme. Celle-ci définit les grandes lignes des pratiques souhaitées dans le territoire, même si elle n’a pas de valeur lors des demandes d’autorisation d’urbanisme.
L’agrivoltaïsme, c’est-à -dire la production d’électricité photovoltaïque en association avec une activité agricole, est régulièrement source de débats. Notamment concernant son impact sur l’artificialisation des sols et sur le paysage.
La Communauté de communes des Vallées du Haut-Anjou (CCVHA) a donc décidé d’établir « une charte locale pour un développement limité, raisonné et accepté de l’agrivoltaïsme. » Elle a été validée à l’unanimité, lundi 20 octobre 2025.
« Rôle de facilitateur de projets »
« C’est le fruit d’une réflexion partagée, souligne Jean-Pierre Bru, vice-président en charge de l’environnement. Cette charte a pour but que nous, communauté de communes, conservions notre rôle de facilitateur de projets mais pas n’importe comment. Nous souhaitons avoir un droit de regard par rapport à ce qui va se faire dans notre territoire. Environ 74 % de celui-ci sont de la SAU [surface agricole utile]. On a donc un potentiel de développement important. »
Lire aussi : Il crée de l’électricité, protège les vignes de la grêle et du soleil : un projet unique en Anjou
Inévitablement, cela attire les porteurs de projets. À ce jour, une dizaine a déjà avancé ses pions pour une surface totale avoisinant les 200 hectares.
« On veut aussi que les habitants puissent s’en inspirer »
Si cette charte n’est pas opposable aux demandes d’autorisations d’urbanisme, qui sont instruites par la préfecture en matière d’énergies renouvelables, la CCVHA souhaite « en faire un outil » pour l’aider à rendre ses avis. « On veut aussi que les habitants puissent s’en inspirer pour se manifester et faire part de leurs remarques » au moment des enquêtes publiques.
Cette charte a notamment vocation à « créer une relation de confiance. Les porteurs de projets se doivent d’informer la collectivité avant le démarrage des études. Il faut aussi informer et concerter les riverains tout au long du projet ».
Favoriser l’exploitant agricole
Autre point essentiel aux yeux des élus : « Le partage de la gouvernance et de la valeur ajoutée » mais aussi celui « de la valeur des loyers. Dans de nombreux cas, il y a le propriétaire d’un côté et l’exploitant agricole de l’autre, avec une répartition très avantageuse pour le propriétaire. Nous voulons que ce soit l’inverse ».
À travers cette charte, la CCVHA entend restreindre les surfaces potentielles de développement à 10 hectares par commune historique, au nombre de 29. « Les communes nouvelles pourront toutefois définir la répartition comme elles le souhaitent », précise Jean-Pierre Bru.
La charte a été approuvée à l’unanimité. Une bonne nouvelle pour Jean Pagis, maire de Chambellay, commune déjà concernée par plusieurs projets.