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Des magasins Shein vont « ouvrir très prochainement en province », annonce le propriétaire du BHV... |
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Shein a accepté de se plier aux questions des sénateurs en commission des affaires économiques, représenté par son porte-parole, Quentin Ruffat, tout comme Frédéric Merlin, représentant de SGM, propriétaire du BHV à Paris. © REUTERS
C’est l’une des annonces de Frédéric Merlin, président de la SGM, propriétaire du BHV à Paris. Lors de son audition au Sénat, il a aussi reconnu le succès mitigé de « l’expérimentation » des ventes des produits Shein au BHV.
Après la grande affiche polémique pour annoncer l’arrivée fracassante de Shein au magasin BHV de Paris, les dirigeants de ces enseignes ont fait profil bas devant les sénateurs. Il faut dire que le succès de leur alliance n’est pas à la hauteur de leurs attentes. Ainsi, le géant asiatique a accepté de se plier aux questions des élus, représenté par son porte-parole Quentin Ruffat, tout comme Frédéric Merlin, représentant de SGM, propriétaire du BHV à Paris.
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Si leur partenariat est qualifié de « mortifère pour les commerces » par le sénateur écologiste Yannick Jadot, « nous n’avons jamais eu moins de 5 000 de visiteurs par jour : Shein attire », répond Frédéric Merlin. Ce dernier reconnaît toutefois qu’ils n’ont « pas tout bien fait ». Peu de clients sont venus effectivement faire des achats : « on n’avait pas la bonne collection. On s’est adapté », affirme-t-il.
« Ouvrir dans les meilleures conditions »
« En province on veut ouvrir dans les meilleures conditions avec les meilleures collections et le meilleur positionnement prix », promet-il. « On planifie d’ouvrir très prochainement nos magasins en province », avance Frédéric Merlin sans donner de date précise. Shein devait initialement s’installer le 18 novembre à Dijon et Reims, le 21 novembre à Grenoble, et début décembre à Angers et Limoges. Mais les polémiques et le démarrage compliqué de Shein au grand magasin parisien ont eu raison de ce calendrier. Ces projets semblaient même annulés.
Les échanges ont aussi permis de mieux comprendre les raisons qui ont poussé le grand magasin parisien à accueillir le géant de l’ultra fast fashion. « Le commerce change, les clients et leurs arbitrages changent. Le client reste roi et notre rôle est de s’adapter », argumente Frédéric Merlin. Il assure en outre que la présence de Shein « est une expérimentation, ni plus ni moins ».
« La France est un marché clé pour Shein »
« On a voulu expérimenter ce que certains opposent : le commerce en ligne et le commerce physique », martèle de son côté Quentin Ruffat, porte-parole de Shein. « La France est un marché clé pour Shein », plaide-t-il encore. Pour les grands magasins, « l’objectif est clair : attirer une clientèle plus jeune et connectée et puis 30 % des clients de Shein ont aussi effectué des achats dans d’autres commerces du BHV ».
Concernant les nombreuses marques qui ont quitté le BHV après l’arrivée de Shein, « elles n’avaient pas d’intérêt à être au BHV », répond Frédéric Merlin. « C’était opportuniste et hypocrite […] ces marques partagent les mêmes usines que Shein », affirme-t-il. Leur retour semble plus que jamais compromis.