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Des futurs étudiants et leurs parents témoignent : « Non, tout n’est pas noir à l’université, loin de là  ! »... |
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Hélène, avec sa mère, aux portes ouvertes de l’Université de Nantes, samedi 31 janvier. © Ouest-France
Rencontres avec de futurs étudiants, parfois accompagnés de leurs parents, ce samedi 31 janvier à l’occasion des portes ouvertes de l’université de Nantes.
Ce n’est plus un sourire, c’est une banane. Romain Argant n’a que faire de la pluie, il est heureux comme un sandre dans l’Erdre, qui coule juste en bas. Il sort des portes ouvertes de l’Université de Nantes, ce samedi 31 janvier. Si Parcoursup ne lui réserve pas une mauvaise surprise, c’est là qu’il étudiera l’an prochain. Pour lui, ce sera en histoire. « Je vais m’éclater », prédit ce lycéen de l’établissement privé La Perverie, qui veut devenir prof. Il rêve de cours d’Antiquité, de recherches sur le mode de vie des Grecs et Égyptiens, et qui sait, jusqu’au doctorat. Son père, employé de banque, goûte le bonheur du fils.
Ce ne sont manifestement pas les critiques appuyées sur l’université publique qui vont les faire vaciller. Caroline, qui sort tout juste elle aussi de la fac de lettres avec sa fille Flora, nous parle spontanément d’un article du Point, qui vient de sortir : « Je l’ai lu chez mes parents, et j’ai l’impression que tout va mal. Que les étudiants qui sont en lettres, en socio, en psycho, sont tous des paumés. Et en plus, qu’ils coûtent cher à notre société. Non, tout n’est pas noir, loin de là  ! »
« À écouter les pessimistes, tout est bouché ! »
Cette fille de petits patrons, 48 ans, dit être passée par là avant finalement de devenir décoratrice d’intérieur. « Je voulais être libraire, je ne vous explique pas ce qu’en pensaient mes parents. Et puis, j’ai bifurqué. Mais mes années à la fac m’ont apporté. Je me souviens encore de mes cours de civilisation ancienne. Je suis certaine que ça me sert aujourd’hui, sans que je ne m’en rende compte. » Elle s’excuse de trop parler d’elle, et se tourne vers sa fille Flora, qui « adore l’archéologie ». Elle glisse : « On me dit que c’est bouché ». Sa mère s’invite à nouveau dans la conversation, et sourit : « D’abord, à écouter les pessimistes, tout est bouché ! »
Voilà Hélène, 17 ans. Cette lycéenne des Bourdonnières, à Saint-Sébastien-sur-Loire, a choisi « socio », en deuxième choix après un BUT Information-communication. Sa mère, professeure des écoles en maternelle, n’a cure des accusations visant l’enseignement public « On sait qu’une licence ne donne pas un métier, que ce n’est pas professionnalisant. Mais cela donne des clés avant de poursuivre », considère-t-elle.
Wilson, lui, lycéen à Mendès France à La Roche-sur-Yon, n’envisage pas un autre avenir proche que dans l’université publique. « Depuis la maternelle, dans la famille, on est abonnés au public », rigole-t-il. Lui se voit, demain, géographe ou urbaniste, dans tous les cas en prise avec les questions écologiques, « essentielles » à ses yeux.
À quelques mètres, autre envie, autre parcours. Chloé n’a pas les deux pieds dans le même sabot. Elle n’a que 16 ans, est en première mais voulait humer l’université avant de faire ses vœux, l’an prochain, sur Parcoursup. Premières impressions ? « Ça fait grand, ça me fait peur, c’est sûr que ça va changer de mon lycée Saint-François-d’Assise à Savenay, mais ça va le faire ! » Sa mère n’a manifestement aucune crainte, encore moins de l’université publique : « Quand on a la volonté, quel que soit l’établissement, ça le fait. » Elle ajoute dans un sourire : « Et ce sera moins cher que cette école privée de psycho à Lyon, qu’on a repérée ».