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Dans la Loire, le temps de pêche de l’alose et de la lamproie réduit de moitié : « C’est un moindre mal »... |
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Les pêcheurs pourront pêcher l’alose et la lamproie (photo) du 15 janvier au 31 mars jusqu’en 2031. © Jérôme Fouquet/Ouest-France
Les pêcheurs professionnels en eau douce de Loire-Atlantique pourront pêcher l’alose et la lamproie du jeudi 15 janvier au mardi 31 mars. Une période réduite afin de préserver la ressource, mais qui ampute le chiffre d’affaires de trente-quatre des soixante entreprises de pêche concernées par l’arrêté préfectoral.
 C’est un moindre mal,
assure Arnaud Guéret, trésorier de l’Association agréée des pêcheurs professionnels en eau douce (AAPPED) de Loire-Atlantique. Habituellement, une saison de lamproie débute en janvier pour se terminer début mai. Pour l’alose, c’est de fin février à début juin.Â
Cette année, la pêche des deux poissons est autorisée à compter de ce jeudi 15 janvier jusqu’au mardi 31 mars,  soit une durée de pêche réduite de moitié »,
calcule Arnaud Guéret.
Le Comité de gestion des poissons migrateurs, instance de concertation dans laquelle le préfet de région fixe les règles qui s’appliqueront aux pêcheries, a  retenu et voté à l’unanimitéÂ
la proposition des pêcheurs.  Une période
établie pour cinq ansÂ
, rapportent nos confrères d’Ici Loire Océan.
« On est dans l’anticipation »
Dans le bassin de la Loire (Loire-Atlantique et Maine-et-Loire), trente-quatre des soixante entreprises de l’AAPPED 44 sont concernées par cette mesure. Deux des quinze pêcheurs de l’Association agréée des pêcheurs professionnels en eau douce du bassin Loire Bretagne qui exploitent l’alose et la lamproie entre Ingrandes-Le Fresne-sur-Loire et le bec de Maine appliquent la même réglementation. En amont, les pêcheurs ne pêchaient plus ces deux espèces et acceptaient le moratoire.

Les pêcheurs pourront pêcher l’alose (photo) et la lamproie du 15 janvier au 31 mars jusqu’en 2031. Pierre Rigalleau
 Avec le changement climatique, on est dans l’anticipation.
fait observer le pêcheur exerçant son activité à Ancenis. Il a fallu trouver le point d’équilibre entre la sauvegarde de ces deux espèces migratrices et celle de nos activités
,Pour compenser, cela oblige à reporter nos efforts sur d’autres espèces.Â
Ces mesures concernent le secteur de Saint-Nazaire jusqu’à Bouchemaine, le bec de Maine (Maine-et-Loire). Au-delà ,  jusqu’à l’amont du bassin, dans le Puy-de-Dôme, les professionnels sont moins concernés, car ils ne pêchaient plus la lamproie et seuls un ou deux pêchaient encore l’alose,
précise Arnaud Guéret. Ces derniers ont accepté un moratoire.Â

La pêche de l’alose et la lamproie est autorisée de ce jeudi 15 janvier au 31 mars pendant cinq ans. Jérôme Fouquet/Ouest-France
« Ce n’est pas une mesurette ! »
Un compromis a été trouvé. En revanche, les professionnels voient leur chiffre d’affaires emmêlé dans leurs nasses et filets.  La seule bonne nouvelle, c’est qu’on a de la visibilité jusqu’en 2031,
grince Eddy Janin, pêcheur dans le secteur de PaimbÅ“uf, Nantes et Thouaré-sur-Loire. Ce n’est pas une mesurette ! Cela représente un effort de pêche de 50 % pour l’alose et de 40 % pour la lamproie. Du 1er avril à fin juin, nous n’avons plus le droit de pêcher avec des filets avec de la maille de moins de 90 mm, pour éviter les prises accidentelles.Â
Entre le silure, qui exerce une prédation sur ces deux espèces migratrices, les problèmes de continuité écologique, les nombreux franchissements d’obstacles, le changement climatique et le réchauffement des eaux, les populations d’alose et de lamproie se trouve fragilisée.
 On se sent garant des espèces patrimoniales de la Loire et, avec nos déclarations de pêche, on apporte des informations sur la ressource,
martèle Arnaud Guéret. C’est le seul point commun que l’on partage avec nos détracteurs ; nous aussi, nous voulons du poisson dans l’eau !Â