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Dans cette commune du Haut-Anjou, le maire décroche le portrait de Macron et crispe les élus... |
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Au-dessus de la tête du maire de Challain, accrochée jusqu’à nouveau changement, la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen. © Ouest-France
Depuis quelques jours, la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen a remplacé le portrait du président de la République de la salle de réunion du conseil municipal de Challain-la-Potherie, au sud-ouest de Segré (Maine-et-Loire). Mercredi 23 février, le maire, Anaël Robert, non vacciné contre le Covid-19, s’est justifié.
Le sujet a créé la polémique en début de la séance du conseil municipal, mercredi 23 février, à Challain-la-Potherie, au sud-ouest de Segré (Maine-et-Loire). Sujet qui s’est invité à l’ordre du jour.
« Je voudrais poser une question importante, introduit Nicolas Delaunay, adjoint au maire. Depuis une quinzaine de jours, le portrait d’Emmanuel Macron est décroché. C’est le président de la République. C’est le symbole de notre État. Pourquoi a-t-il été décroché ? Q ui l’a fait ? »
« C’est moi qui l’ai décroché, fait savoir le maire, Anaël Robert. Je pourrai vous répondre « parce que j’ai refait la déco ». Ça pourrait suffire comme réponse. »
« Non vacciné, je ne suis plus un citoyen »
La réponse laisse l’assemblée pantoise. « Non, ça ne me suffit pas ! » lance Caroline Durand, une élue.
« La vraie réponse, c’est par rapport à ce qu’il a dit sur les non vaccinés [contre le Covid-19] : ce ne sont plus des citoyens, répond le maire. Je suis désolé, il n’a plus à être au-dessus de ma tête quand je ne suis plus un citoyen, parce que Monsieur a décidé que non vacciné, je ne suis plus un citoyen. »
Le maire avait annoncé publiquement qu’il n’était pas et ne serait pas vacciné contre le Covid-19 (édition du 17 décembre 2021).
« Notre État, c’est le symbole de la démocratie. Tu es ici justement grâce à un vote démocratique, souligne Nicolas Delaunay. C’est une atteinte à la République, à la démocratie. Les deux tiers des Chalainois venus voter ont voté pour lui. En enlevant le portrait, tu fais fi de leur vote. Fi d’un vote démocratique. Ça me gêne vraiment. Il n’y a pas beaucoup de mairies où ça arrive. »
Dominique Faure, conseiller municipal et ancien maire, ajoute : « Chaque Français est libre de penser ce qu’il veut de Macron. Le président de la République ne peut pas quitter la salle du conseil. »
« Ce n’est que de la déco », répète le maire. « On n’a pas été élu pour combattre la République, reprend Nicolas Delaunay. Ça s’appelle du civisme. De par ma profession de prof d’histoire, j’enseigne tous les jours à des enfants la morale républicaine. Ça m’énerve particulièrement de constater ça. »
Puis il questionne : « Qui est d’accord avec le décrochage du portrait ? » Deux mains se lèvent. Celle du maire, à qui se joint son père Bernard Robert, conseiller municipal, qui confirme publiquement qu’il n’est « pas vacciné ».
Les autres élus désapprouvent l’initiative. « C’est très grave. Tu es presque à dire que si le portrait de Macron est là, tu t’en vas, tu ne viens plus », se risque Dominique Faure.