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Chalonnes-sur-Loire. « J’ai fait un film de lieu »... |
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Jean-Paul Gislard, réalisateur mais aussi botaniste, entomologiste pose un regard extraordinaire sur la nature et les hommes. « Ce qui me plaît, c’est de partager avec les autres : avec les images, cela donne une dimension extraordinaire. J’aime regarder. On est de passage, notre devoir est de transmettre ». © CO
Son documentaire aborde le lien entre les plantes, la géologie, les hommes et le climat. Rencontre avec le réalisateur, Jean-Paul Gislard,
Jean-Paul Gislard sera présent au ciné-débat prévu jeudi prochain, après la diffusion de son documentaire de 64 minutes sur la faune et la flore du Pont-Barré.
Pourquoi la réserve naturelle du Pont Barré ?
« Le Layon serpente le long d’une faille géologique. J’ai découvert le site il y a 15 ans. La réserve du Pont Barré est un tout petit milieu, j’ai tourné sur 8 hectares.
« J’ai eu accès à des documents anciens et nouveaux et retrouvé des fossiles du chanoine Corillion. C’est grâce à lui que ce terroir d’exception a pu être classé en 1984, à la suite de l’acquisition d’une première parcelle en 1960. On y recense 750 espèces de plantes et plus de 1 200 d’insectes.
« Quand j’étais haut comme trois pommes, je courais la nature. Je pensais faire un métier d’enseignant en sciences naturelles. Au final, j’ai un diplôme d’État de technicien de laboratoire puis j’ai exercé comme photographe hospitalier. J’y ai acquis des connaissances, une méthode de travail, de la rigueur. Une image, c’est un renseignement. J’aime bien les constats : je vais dans la réserve, je fais le constat ! Il y a un vigneron et il a des contraintes, pas seulement les pesticides : les plantes hôtes sont à surveiller car dans une prairie fleurie il y a une quantité considérable d’insectes butineurs ou chasseurs. La nature, elle vient de me passer un beau plat, elle ne repassera pas deux fois. Dans le film, il y a une séquence sur la Rosalie des Alpes. J’ai pu tourner la bataille, l’accouplement et la ponte : on peut faire de très belles rencontres mais il faut en profiter. »
Comment avez-vous tourné ce film ?
« Ce film, c’est cinq ans de travail, 537 sorties sur le terrain et seulement 10 % des images tournées.
« Tout ce qui est botanique et entomologie est validé par des scientifiques.
« Pour réussir de belles photos, il faut aller sur le terrain à différentes phases : quand les fleurs sont en phase montante, les insectes sont là . Toutes les images ont été tournées dans la réserve. J’ai fait un film de lieu comme le vigneron fait un vin de lieu ».
« La réserve naturelle des coteaux du Pont-Barré, Terre de Nature et d’Homme Barré » : ciné-débat avec Jean-Paul Gislard, au cinéma de Chalonnes jeudi 29 janvier à 20 h 30.