|
Ça s’est passé un… 31 décembre : en 1969, de la ZUP au gratte-ciel, Angers voit grand... |
1
Les immeubles du promoteur Deromedi à la Roseraie, emblèmes de la modernité triomphante des Trente Glorieuses. © Ouest-France.
Ce même jour… (3/6). À l’aide des archives de la rédaction, nous évoquerons tout au long de la semaine des événements oubliés de l’actualité angevine. À la veille du passage aux années 70, Ouest-France expliquait comment la Ville d’Angers comptait répondre au défi démographique et urbanistique des Trente Glorieuses finissantes. Mais la grave crise économique et sociale qui allait arriver quelques années plus tard n’était pas encore imaginable…
En 1969, le « Grand Angers » compte 170 000 habitants. L’exode rural et le baby-boom alimentent pour quelque temps encore l’essor industriel et urbain : on prévoit l’arrivée de 3 000 agriculteurs par an, venant s’ajouter à une  jeunesse pléthoriqueÂ
. Pour les édiles et les urbanistes, le défi est clair : Il faut mieux accueillir les hommes, pour mieux les loger, pour qu’ils vivent mieuxÂ
. On va pour cela rénover les quartiers les plus dégradés autour du centre-ville, et faire sortir de la terre des campagnes environnantes deux ZUP (Zones à urbaniser en priorité), une au nord et une au sud.
Lire aussi : Ça s’est passé un… 30 décembre : en 1999, Angers prépare le passage à l’an 2000
On annonce qu’au nord, à Monplaisir, il ne reste plus que 200 logements sur 2700 à terminer. Au sud, le projet est encore plus ambitieux mais moins avancé : sur les 6 000 logements prévus, 2 000 sont terminés. Ils seront complétés par le programme « Village Anjou 3 » et la construction de collectifs du groupe Deromedi, boosté par l’essor immobilier des Trente Glorieuses. D’autres constructions sont programmées enfin à Belle-Beille, à Beaucouzé et aux Ponts-de-Cé.
On pense « l’Angers de l’an 1985 »
Près du centre-ville, on trouve encore le groupe Deromedi à l’œuvre, et l’année 1970 doit aussi voir achever la rénovation des quartiers Saint-Nicolas dans la Doutre, et Saint-Michel, au pied de l’avenue Pasteur. Dans ce dernier, deux constructions phares sont prévues : le « gratte-ciel » de Saint-Samson avec ses 32 étages, et l’îlot du 4, boulevard Saint-Michel avec ses 17 étages. Ces immeubles  de grand standing préfigureront l’Angers de l’an 1985Â
, annonce notre article.
Lire aussi : Ça s’est passé un… 29 décembre : en 1983, Angers rêvait d’un port fluvial
Cette modernisation s’est faite au prix de la destruction irrémédiable de quartiers historiques et d’espaces ruraux proches. On ignorait par ailleurs que l’essor économique et démographique connaîtrait un coup brutal dans les années 70, laissant place à une contestation de l’urbanisme tout béton des banlieues, considéré comme un facteur de mal-être et d’exclusion sociale. Mais ferait-on différemment aujourd’hui ?