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Avec 1,6 milliard d’euros sur quinze ans, l’État se mobilise pour verdir l’industrie française... |
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La cimenterie de Holcim (ex Lafarge) à Saint-Pierre la cour en Mayenne va bénéficier d’une aide publique de 170 millions d’euros pour se décarboner. © OUEST-FRANCE
Après les annonces d’aides publiques pour décarboner ArcelorMittal, premier producteur d’acier en France, l’Élysée annonce un soutien à sept projets dans l’industrie lourde. Au total, les sites vont recevoir 1,6 milliard d’euros sur 15 ans avec un objectif d’économiser 3,8 millions de tonnes de CO2 par an, environ 1 % des émissions françaises.
Emmanuel Macron se penche sur le sort des « cols-bleus » français. Après les annonces concernant ArcelorMittal à Dunkerque, le président dévoile de nouveaux projets pour décarboner l’industrie française. « Un site décarboné a un avenir en Europe, s’il ne l’est pas, il risque de fermer », dit-on dans l’entourage du Président.
Dans le détail, l’Élysée s’engage à soutenir sept initiatives visant à réduire les émissions de carbone des sites les plus émetteurs de France. Le montant de ces aides publiques atteint 1,6 milliard d’euros sur 15 ans.
L’industrie lourde est ciblée dont le secteur du ciment avec une aide de 170 millions d’euros au groupe Holcim à Saint-Pierre la Cour (Mayenne), 331 millions à Vicat à Montalieu (Auvergne-Rhône-Alpes) et 416 millions à Heidelberg à Airvault (Nouvelle-Aquitaine). La chimie est aussi aidée avec une aide de 31 millions à Syensqo à Saint-Fons (Auvergne-Rhône-Alpes), 297 millions à Ineos à Lavera (Bouches-du-Rhône) et 21 millions à Eurolysine à Amiens (Hauts-de-France). Enfin, la métallurgie reste au cœur des préoccupations avec un coup de pouce de 360 millions à Aluminium Dunkerque à Loon-Plage (Hauts-de-France).
Des investissements tardifs
L’objectif des 7 projets est d’économiser 3,8 millions de tonnes de CO2 par an, environ 1 % des émissions françaises, avec 5 de ces sites qui font partie de la liste des 50 sites industriels les plus émetteurs. « C’est l’équivalent de la rénovation de 1,5 million de logements », avance Monique Barbut, ministre de la Transition écologique.
« C’est aussi une opportunité de modernisation et de compétitivité pour les sites industriels concernés, qui sont au cœur de notre souveraineté industrielle », ajoute la ministre. L’exécutif entend démontrer qu’il est possible de conjuguer souveraineté industrielle, emploi et transition écologique.
Mais certains déplorent un retard à l’allumage. La veille, à l’annonce des investissements pour la construction d’un four électrique sur le site ArcelorMittal, la CFDT du sidérurgiste déplorait des investissements « largement inférieurs à ceux prévus initialement ».
« Ça fait quatre ans qu’on nous promet des choses, quatre ans qu’on voit l’usine sombrer », fustigeait en outre Gaëtan Lecocq, secrétaire général de la CGT ArcelorMittal Dunkerque.