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Angers. Les étudiants mobilisés contre la sélection à l’université... |
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Les étudiants ont bloqué l'entrée à la faculté de droit et au conseil d'administration. © Ouest-France
Le Comité de mobilisation des étudiants angevins (Cméa) a manifesté devant la présidence de l'Université d'Angers mercredi 14 mars pour dénoncer la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE), accusée par l'Unef d'entraîner une sélection à l'entrée de l'université.
Alors que l’Unef (Union nationale des étudiants de France) appelle à  une journée de mobilisation nationale jeudi 15 mars contre les réformes du gouvernement concernant l’éducation, le Comité de mobilisation des étudiants angevins (Cméa) s’est réuni ce mercredi 14 mars devant la présidence de l'Université d'Angers.
Ils étaient plusieurs dizaines à bloquer l’entrée de la présidence de l'Université d'Angers pour protester contre la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE), accusée par l’Unef de mettre en place « une sélection généralisée à l’entrée de l’enseignement supérieur ».
« On est les premiers à subir cette réforme »
Selon l’Ugeac (Union Générale des Étudiants d’Angers et de Cholet), parmi les 562 étudiants angevins consultés lors d’un vote mis en place par le syndicat étudiant, 84 % étaient contre cette loi.
Le conseil d’administration de l'Université se réunissait ce mercredi 14 mars. En début de matinée, les étudiants mobilisés ont empêché les élus d’entrer dans le bâtiment et ont entamé un dialogue avec le président du conseil d’administration.
Le conseil d'administration a finalement eu lieu en présence des élus de l'Ugeac. Plusieurs points ont été abordés concernant la loi ORE et les mesures du gouvernement. « Nous avons réexpliqué aux étudiants qu'aucun lycéen ne serait empêché de venir à l'université », répond Didier Le Gall, 1er vice-président de l'Université d'Angers.Â
Estelle Barbeau, étudiante en histoire et secrétaire générale de l'Ugeac, déplore le fait que les étudiants n’aient pas été consultés au niveau local sur des problématiques qui les concernent. « On est pourtant les premiers à subir cette réforme. »
« Les étudiants sont consultés à chaque étape, précise Didier Le Gall. En conseil de gestion des composantes, en commission de formation et de vie étudiante... Mais certaines mesures relèvent de la loi et ne peuvent être discutées. »
Les lycéens avaient jusqu’au 13 mars pour renseigner leurs vœux de formation sur la nouvelle plateforme d’orientation Parcoursup. Certains lycées ont refusé de remplir les fiches de Parcoursup concernant les choix d’université. « Le bac est le premier grade universitaire. Il fait le lien entre le lycée et la fac et doit être le seul moyen de sélection pour entrer à l’université », explique Christophe Hélou, enseignant au lycée Joachim du Bellay et syndiqué FSU 49.
Manque de moyensÂ
Les étudiants déplorent également le manque de moyens et de budget : « il manquait une cinquantaine de profs à la fac de lettres à la rentrée ».
Autre problématique qui inquiète les étudiants : la sélection à l’entrée en master depuis la rentrée 2017. « Cela provoque un climat de compétition malsain entre les étudiants. Nous prônons l’union et la collaboration plutôt que la concurrence. »
« On nous encourage à faire de longues études, on est bercés d’illusions pour ensuite ne pas être sûr d’obtenir de diplôme », regrette Titouan, étudiant en psychologie.
Pour faire entendre sa voix, l’Unef-Angers-Ugeac se mobilisera également jeudi 15 mars à l’occasion d’une journée «Fac ouverte ». Des ateliers seront organisés à la faculté de lettres pour informer les étudiants des différentes mesures.