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Angers. La dissolution de l’Alvarium prononcée par le président de la République... |
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Angers, le 21 septembre 2019. L’association, qui occupe un local rue du Cornet, a souvent été la cible de manifestations. © Archives CO – Laurent COMBET
Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a publié le décret sur son compte twitter à l’issue du conseil des ministres ce mercredi 17 novembre 2021.
L’Alvarium a été dissous ce matin en conseil des ministres, conformément aux instructions du président de la République. Comme le détaille le décret que j’ai présenté, ce groupement de fait d’ultra-droite appelait à la violence et à la discrimination
, a écrit ce mercredi midi le ministre de l’Intérieur sur son compte Twitter.
Il y a deux semaines, Gérald Darmanin avait annoncé avoir engagé une procédure visant à la dissolution du groupe identitaire fondé à Angers en 2017 et qui se définit comme un centre communautaire d’actions sociales et culturelles en Anjou
. Il avait occupé illégalement un immeuble vacant en 2020, sur la façade duquel avaient été accrochées des banderoles La France aux Français
et Logement : appliquons la préférence nationale
.
Selon le décret de dissolution, l’association, impliquée dans des faits de violences
, propage notamment depuis 2017 un discours et des idées assimilant l’immigration et l’islam à des menaces que les Français doivent combattre
. L’Alvarium alimente un discours de haine assumée
et incitant à la discrimination ou à la violence envers des personnes en raison de leur origine ou de leur religion
, précise le décret.
Notre main ne tremble pas face au racisme et à la violence et nous le montrons une fois de plus avec cette décision
, a commenté mercredi le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à l’issue du Conseil des ministres.
« Des arguments délirants » selon le porte-parole de l’Alvarium
Les arguments avancés par l’association et son porte-parole, Jean-Eudes Gannat, n’ont manifestement pas convaincu le gouvernement de renoncer à cette dissolution. Il n’y a pas de grande surprise
, réagit le représentant de l’Alvarium, évoquant des motifs de dissolution délirants
. J’ai un peu de pitié pour Gérald Darmanin et tous les Français qui assistent à ça. Il y a eu deux tentatives terroristes ce mois-ci, à Cannes et à Colombes et la priorité du ministre de l’Intérieur c’est de dissoudre l’Alvarium…
Comme il l’avait annoncé, ce groupement de fait (il n’est pas structuré en association de type loi 1901) entend contester cette décision devant le Conseil d’État, voire la Cour européenne des droits de l’Homme. On ira jusqu’au bout, même si on n’a pas beaucoup d’illusions. Mais sait-on jamais…
. Et de continuer une partie de ses activités, notamment les maraudes auprès des sans-abri. À voir, car je ne voudrais pas qu’on se retrouve accusés de reconstituer une ligue dissoute
, conclut le porte-parole.
De son côté, le maire d’Angers n’a pas souhaité réagir à cette annonce. Christophe Béchu s’en tient à ses propos de fin octobre : Depuis le début, je souhaite qu’on parle de ces gens-là le moins possible. C’est ce qui a amené à m’attaquer sur mon silence et mon inaction supposée. Mon sujet, ce n’est pas la communication mais l’efficacité et l’action. Je souhaite que ce soit à la fin de cette histoire même si je ne suis pas dupe qu’ils pourront toujours se réunir d’une façon ou d’une autre. Mais je crois profondément au symbole, car il n’y a pas de place dans l’espace républicain pour ceux qui prêchent la haine ou qui l’encouragent
.