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À eux deux, ils ont cumulé près d’un siècle de bénévolat au sein de leur club de football... |
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Gilbert Moriceau et Didier Baslé ont été respectivement trésorier et secrétaire du club de football de Segré, pendant 56 ans et 41 ans. © Ouest-France
Ce samedi 7 octobre, le club de football de Segré (Maine-et-Loire) honorera deux fidèles serviteurs. Après respectivement 56 ans et 41 ans d’investissement, le trésorier et le secrétaire ont décidé de passer la main.
Habituels hommes de l’ombre, Gilbert Moriceau et Didier Baslé vont se retrouver dans la lumière, ce samedi 7 octobre. Sur les coups de 17 h, au stade de la route de Pouancé à Segré (Maine-et-Loire) le club local de football a en effet décidé de leur rendre hommage pour leur immense dévouement des décennies durant.
À respectivement 90 ans et 69 ans, ils ont en effet décidé de tourner la page, « sans se concerter ». Un long chapitre qu’ils prennent soin de refermer tranquillement, venant encore régulièrement humer le parfum du stade des Mines, l’antre historique de l’ES Segré.
« Le trésorier est parti, on m’a donné le bébé »
C’est là qu’en milieu de semaine, ils ont accepté de revenir sur leur longue vie de bénévole dans ce club. Pour Gilbert Moriceau, elle a commencé en 1967 comme trésorier adjoint de ce qui était encore l’AS Segré. Deux ans plus tard, à l’heure de la fusion (avec la Segréenne) donnant naissance à l’ES Segré, il gravit un échelon. « Le trésorier est parti et on m’a donné le bébé , rigole-t-il. Je n’étais pourtant pas destiné à ça, j’avais une formation d’électricien. Heureusement, ce n’était pas la comptabilité de maintenant. Chaque mois, elle tenait en une demi-page. »
Au fil des années, cet employé d’EDF s’est pris au jeu des chiffres, quand bien même la tâche se complexifiait. « J’ai été passionné, j’ai adoré le truc. » Même si parfois, il a fallu se démener pour boucler le budget. « C’était surtout le cas lors de nos saisons au niveau national. On n’avait pas les mêmes moyens que les autres. Pourtant, chez nous, les joueurs n’étaient pas payés. »
« Du plaisir même s’il ne faut pas compter son temps »
Arrivé comme joueur au club, Didier Baslé en est devenu le secrétaire adjoint en 1982, puis le secrétaire en 1988. Ce clerc de notaire y a vite pris du « plaisir, même s’il ne faut pas compter son temps. »
« Je remercie d’ailleurs mon épouse car il faut aussi que l’entourage familial soit conciliant pour faire ça » , glisse celui qui, en sus, a été membre du district de Maine-et-Loire et a occupé des fonctions de dirigeant d’équipes seniors de 1996 à 2023.

Gilbert Moriceau (69 ans) et Didier Baslé (90 ans) ont décidé de passer la main mais passent régulièrement au club. Ouest-France
De toutes ces décennies, les deux hommes gardent de nombreux excellents souvenirs. Ceux de rencontres humaines à l’ES Segré mais aussi dans les autres clubs. Et, bien sûr, ceux sportifs, avec des sacres en Coupe de l’Anjou et de l’Atlantique, et de belles épopées en Coupe de France.
Tahiti, Auxerre, Marseille
À commencer par celle de 1997-1998, marquée par un match à Tahiti. « C’était dépaysant et il avait ce côté très officiel , se remémorent-ils. On a été reçu à l’assemblée territoriale, chez le haut-commissaire de la République, et il y a même eu La Marseillaise avant le match. » Quelques semaines plus tard, les Segréens défiaient Auxerre (1-2) alors grand nom du football français, à Angers.
Et deux années plus tard, c’est l’Olympique de Marseille qui se dressait sur la route des Segréens (0-1). « Les gens appelaient de partout pour acheter des places , glisse Didier Baslé. Lorsque je rentrais chez moi le midi, le téléphone sonnait sans cesse, je ne décrochais plus le temps de manger. »
Le secrétaire garde de très bons souvenirs de cette confrontation. « Les dirigeants nous avaient invités à manger à leur hôtel, ils nous ont offert un maillot. » Gilbert Moriceau a vécu l’événement à distance : « J’étais en vacances aux sports d’hiver. Avec un ami, on avait trouvé un café qui retransmettait le match. À la mi-temps, j’ai sorti mon écharpe du club. Autour de moi, il n’y avait quasi que des Anglais… »

Parmi les meilleurs souvenirs de Didier Baslé et Gilbert Moriceau, le match de Coupe de France contre l’Olympique de Marseille. Le secrétaire l’a vécu de l’intérieur, le trésorier, en vacances, à distance. Ouest-France
Longues soirées d’après-match, victoires en coupe, entraîneurs emblématiques, présidents… Les noms et anecdotes défilent avant de conclure par un mot pour définir l’autre. « Gilbert, c’est son sourire, ça veut tout dire » , affirme le secrétaire. « Didier, c’est un gamin pour moi ! » s’esclaffe l’aîné.