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À Angers, les soldes d’été à l’épreuve des élections et de la météo... |
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Les soldes d’été ont débuté mercredi 26 juin dans un contexte politique et météorologique inédit. © Archives CO - Laurent COMBET
Les soldes d’été ont débuté le 26 juin et s’achèvent le 23 juillet au soir, entre météo maussade et élections.
Élections législatives ou pas, le quotidien de Jean-Yves ne change pas.  Je profite des soldesÂ
, dit-il, sourire aux lèvres en plein shopping rue Saint-Laud, dans le centre-ville d’Angers. Depuis le 26 juin, les magasins se sont mis en mode été, avec l’ouverture des soldes. Pendant près d’un mois, les consommateurs pourront s’offrir des achats à prix réduits dans un climat  d’incertitude à son maximumÂ
. Ce rendez-vous très attendu risque d’être perturbé par les élections législatives. Le tout sous un temps terne. Incertitude politique, « météo maussade » : deux freins à la consommation, selon les professionnels de l’habillement.
« Aucun impact à signaler »
Si 81 % des adhérents du Syndicat des indépendants et des TPE (SDI) interrogés au plan national estiment que le contexte politique constitue  tout à faitÂ
ou  sans douteÂ
un  freinÂ
à la consommation, il n’en est rien pour Stéphanie, consommatrice qui  n’aime pas trop la politiqueÂ
croisée place du Ralliement.  Si vraiment j’ai envie d’acheter un vêtement ou une chaussure, je le fais. Il faut essayer de continuer à vivre normalement.Â
Ou encore Denawan Louis, directeur d’un magasin de chaussures en centre-ville d’Angers.  Aucun impact à signaler : le flux de clients a augmenté.Â
Avec une hausse du chiffre d’affaires estimé entre 15 % et 20 % journaliers par rapport à l’année dernière, le commerçant reste confiant. D’après ses calculs, sa boutique enregistrerait chaque jour entre 100 et 150 potentiels acheteurs supplémentaires.
Angers, îlot hors de l’époque ? Yann Rivoallan, président de la fédération française du prêt-à -porter féminin relève pourtant une  incertitude
à son maximum.Â
Il affirme même que  le bruit médiatique inéditÂ
autour des élections focaliserait toute l’attention et détournerait de la consommation. Le directeur général de l’Alliance du Commerce, Yohann Petiot avance que les Français auront  moins de budget (à y consacrer) par rapport aux années précédentes.Â
Les conditions météorologiques pointées
Si la situation politique n’affecte ni les consommateurs ni les commerçants angevins, le temps, lui, a un fort impact. Le mois de juin a été marqué par des intempéries en Maine-et-Loire. Johann, salariés à la Topette, vend principalement des vêtements d’été.  Actuellement, c’est compliqué. Avec mes collègues commerçants, on ressent une baisse de la consommation. Est-ce uniquement lié au contexte politique ? Je ne pense pas. La météo joue un rôle majeur. La saison n’a pas été très bonne.Â
 Les parasols n’ont pas été vendus en grande quantité. C’est un peu timide encore pour les ventilateurs. Ça s’est fait dernièrement avec les grosses chaleursÂ
ajoute Léa, conseillère chez Weldom Voltaire, un commerce de bricolage pour maison et jardin. Les élections législatives n’auraient aucune incidence sur le flux de clients.  Peu importe le parti politique élu, les gens ont toujours besoin de consommer. Que ce soit pour un joint à faire ou une plante à enterrer »,
précise son collègue Maxime.
Gildas Minvielle, directeur de l’observatoire économique de l’Institut français de la mode (IFM) craint qu’il y ait  sans doute des stocks un peu excessifsÂ
à écouler car  on va commencer les soldes alors que (les consommateurs) n’ont pas encore profité des collections printemps/été.Â
  Il y a pas mal de stocks, plus que d’habitude, en raison des intempéries en avril et maiÂ
confirme Pierre Talamon, président de la Fédération nationale de l’habillement (FNH). Selon les premières estimations, le chiffre d’affaires des entreprises du secteur de l’habillement a baissé d’environ 2 %  sur les cinq premiers mois de 2024 par rapport à la même période en 2023Â
, indique Gildas Minvielle. Le retour du beau temps changera peut-être la donne.