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À Angers, ils relâchent des brochets pour repeupler la Maine... |
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Vendredi 17 janvier 2025, sur le quai Tabarly, à Angers, 25 brochets ont été relâchés. © Ouest-France
Vingt-cinq brochets ont été mis à l’eau, ce vendredi 17 janvier 2025, sur le quai Tabarly à Angers (Maine-et-Loire), pour soutenir la reproduction de l’espèce, mise à mal par de courtes périodes de crues. Un événement rare, initié par l’association l’Ablette angevine et le magasin Pacific pêche.
Sous un soleil rasant, la robe de la vingtaine de brochets devient une parure dorée. Quelques secondes hors de l’eau, suivies d’une plongée dans leur nouvel habitat, la Maine, à Angers (Maine-et-Loire). Ce vendredi 17 janvier 2025, sur le quai Tabarly, l’association de pêche l’Ablette angevine et le magasin d’équipements Pacific pêche mènent cet alevinage, qui consiste à introduire des poissons, souvent issus d’élevages, dans des milieux naturels.
Quelques curieux viennent passer une tête à cet événement peu commun. « Ça fait plusieurs années que l’on n’en a pas fait, et ce sera le seul de 2025 », assure Aurélien Sallé, technicien-garde de l’Ablette angevine, la plus importante association de pêche du département.
Le contexte imposait ce rempoissonnement, selon lui. « Ces derniers temps, la reproduction des brochets devient difficile à cause des crues qui ne durent pas. » En effet, cette espèce de carnassier a besoin d’une dizaine de centimètres d’eau à la fin de l’hiver, pour que la femelle dépose ses ovules. « Les prairies inondées sont idéales. » Mais si l’eau se retire trop tôt, elle ne laisse pas le temps aux œufs de se développer.
« Une espèce en perdition »
« Nous sommes là pour soutenir cette population », insiste Aurélien Sallé. « C’est une espèce qui est un peu en perdition », ajoute Nicolas Bouvet, responsable de Pacific pêche à Beaucouzé. Alors, à l’entrée du parc Balzac, l’arrivée du camion qui transporte les poissons était attendue. À l’arrière, une grande cuve contient deux grands brochets de plus d’un mètre, un mâle et une femelle. Vingt-trois autres mesurent entre 50 et 70 centimètres. Loin des bébés poissons que l’on peut parfois voir lors d’autres alevinages. « C’est pour éviter qu’ils ne soient chassés par les prédateurs. »
Voir aussi : VIDÉO. Vingt-cinq brochets ont été relâchés, vendredi 17 janvier 2025, quai Tabarly à Angers
Pour certains poissons, l’agitation dans la cuve laisse place à la timidité lors de la mise à l’eau. Relâchés, certains battent vite de la nageoire, d’autres semblent perdus, immobiles. Dans quelques jours, certains nageront peut-être vers la Loire, « mais en général, ils remontent vers la Sarthe », souligne Nicolas Bouvet.
Qui sait, d’autres resteront peut-être dans la Maine. « C’est une rivière assez riche. Elle est assez longue, a de belles profondeurs, et puis, c’est une passerelle entre le fleuve et le bassin de la Maine », note Aurélien Sallé. Surtout que selon lui, les précipitations abondantes de l’année 2024 offrent une eau de qualité.
Des pratiques de pêche qui évoluent
Il faudra quand même s’adapter à ce nouvel environnement, loin de la captivité où ils ont grandi, dans un élevage piscicole implanté à Miré (Maine-et-Loire). Les plus grands ont passé quatre à cinq ans dans des étangs, où travaille Julien (1). « Ces brochets ont été élevés presque dans des conditions naturelles. Ailleurs, lorsque des poissons sont nourris avec des granulés, c’est sûr que c’est compliqué de les réintroduire. Ils ne peuvent plus s’acclimater. » Le professionnel l’assure, dans son exploitation, les brochets sont tracés et contrôlés par des vétérinaires.
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Une fois remis à l’eau dans la Maine, ils s’exposent à la pêche. C’est tout l’objectif. « Un tel lieu permet à beaucoup de monde de pouvoir en profiter pour de la pêche sportive », juge Nicolas Bouvet. D’autant que le public et les pratiques évoluent. « Il y a une légère décroissance, mais un engouement persistant, porté par les jeunes, que l’on voit de plus en plus. » Selon Nicolas Bouvet, ces derniers apprécient la remise à l’eau des animaux pris sans les tuer (no kill).
Dans le département, la pêche du brochet est limitée à un individu par personne par jour, et toujours au-dessus de 60 centimètres. Pour laisser la population issue de cet alevinage se développer, les professionnels recommandent d’attendre quelques jours avant de pêcher à proximité du quai Tabarly.
(1) Il n’a pas souhaité donner son nom de famille.