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Violentée par son mari, elle risque l'expulsion

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photo a la détresse d'être une femme battue, s'ajoute, pour les étrangères, le risque d'être expulsées de france. même si elles sont mariées à un français (photo d'illustration). photo  © rudyanto wijaya 1

A la détresse d'être une femme battue, s'ajoute, pour les étrangères, le risque d'être expulsées de France. Même si elles sont mariées à un Français (photo d'illustration). Photo © Rudyanto WIJAYA

C'est la double peine infligée aux femmes étrangères qui fuient leurs époux français. Une fois parties de leur foyer, elles n'ont plus aucun droit sur le sol français.

 

On va l'appeler Malika. Car cette jeune femme, violentée par son mari, ne souhaite pas être identifiée. Victime de son époux, elle risque aussi d'être victime des lois françaises sur l'immigration. Malika n'a qu'un titre de séjour provisoire et peut être expulsée.

« C'est une double violence faite aux femmes », dénonce l'association SOS femmes qui a recueilli Malika. Elle est la troisième à se retrouver dans cette situation. Les deux autres femmes ont été reconduites à la frontière.

« J'étais une esclave »

2007. Malika rencontre au Maroc celui qui va devenir son époux, un Français de 17 ans plus âgé qu'elle. « Il était gentil. On avait des projets ensemble. » Ils se marient en octobre 2008, au Maroc. Le couple arrive en France le 13 avril 2009. L'horreur commence pour Malika. Elle durera sept mois.

« J'étais une esclave. Femme de ménage dans la journée, femme la nuit. » Le mari de Malika ne se contente pas de la battre, de l'enfermer, de la jeter dehors. Il se livre aussi à un chantage, chaque fois qu'elle doit renouveler son autorisation de séjour. « Je n'avais aucun droit. »

Un soir, c'est la fois de trop. Malika se retrouve dehors, en pyjama. Elle appelle la police qui lui conseille de téléphoner à SOS femmes. C'est là qu'elle est hébergée depuis novembre. Elle a suivi une formation et travaille dans la restauration. « Je reconstruis ma vie. »

Une vie qui risque d'être détruite à tout moment. Car seul le fait d'être mariée autorisait Malika à rester en France. Pour obtenir une carte de séjour de dix ans, il aurait fallu qu'elle soit mariée au moins trois ans. « Ma dignité a été la plus forte. Je suis partie. »

Les femmes étrangères violentées n'ont aucun choix. Soit elles subissent, restent, le temps d'obtenir le précieux sésame. Soit elles partent, au risque d'être renvoyées chez elles, soupçonnées de mariage de complaisance.

Malika a porté plainte contre son mari. Tous deux ont été convoqués devant le délégué du procureur. Le mari a écopé d'une amende. Malika va demander le divorce. « Je veux pouvoir rester en France pour me défendre. J'agis pour moi. Mais aussi pour toutes les femmes qui sont dans le même cas. »

 

 
Marianne DEUMIÉ.   Ouest-France  

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