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Le théâtre du Quai surfe sur la vague curiosité... |
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Tristan et Isolde par Olivier Py, l'événement qui n'eût pu avoir lieu à Angers sans le Quai.
Avec quelque 64 000 spectateurs, le paquebot angevin a franchi la 2e étape de son odyssée culturelle. Et marqué les esprits avec ses « Schools », son Tristan et son Isolde.
Le plus dur pour les artistes qui ont vécu succès, c'est de confirmer. Même donne pour le Quai : l'effet curiosité passé, il s'agit de fidéliser. Et sur la scène du Quai cette année, foule est entrée dans la ronde : 64 000 spectateurs, dont la moitié d'abonnés, pour soixante-cinq spectacles et 201 représentations (taux d'occupation de 84 %), soit 2 % de plus par rapport à la saison d'ouverture. Une affluence agrémentée des 15 000 personnes accueillies hors programmation (quand la ville se réapproprie son bébé, cela donne le Forum des étudiants, Végépolys, Louis l'enfant de la nuit...), les 20 000 accueillies par les actions des services éducatifs et publics et les 6 000 venues en visites guidées.
Feue l'arithmétique, vive l'esthétique ! Quelles armes de séduction possède ce Quai parfois tant décrié ? « Le fil rouge des 30 ans du CNDC a suscité l'enthousiasme »,explique Christian Mousseau-Fernandez, successeur de Christopher Crimes à la tête du Quai Open-Arts. La réponse est donc à chercher dans cette capacité du théâtre angevin à créer l'événement : « Le Quai a trouvé sa légitimité grâce à Schools et à Tristan et Isolde, impossibles à accueillir sans lui » renchérit Daniel Besnehard, délégué général du Nouveau théâtre d'Angers et bras droit de Frédéric Bélier-Garcia, absent pour très belle raison (1). Une approche partagée par Emmanuelle Huynh, tête dansante et pensante du CNDC, troisième hôte-structure : « Nous n'aurions pas eu la même saison anniversaire sans le Quai ; l'année des trente ans eût eu beaucoup moins d'envergure ».
Autres temps forts : la Ponctuation Cirque, Liliom et Yaacobi et Leidental, bientôt au théâtre du Rond-Point, à Paris, Monster d'Emmanuelle Huynh, image des « créations maison à vocation internationale » (2), Planet'Terre d'Open-Arts ou encore Happy Child de la locale Nathalie Béasse, qui connaîtra les joies de la Capitale. On n'oubliera pas non plus la partie « Éducation artistique et culturelle », travail de l'ombre qui apporte toute l'année lumières au jeune public et à celui des quartiers de la cité.
(1) Frédéric Bélier-Garcia est aux Chorégies d'Orange pour y présenter La Traviata de Verdi, avec l'Orchestre de Radio France (direction : Myung-Whun Chung). Retransmis en direct sur France Télévision le 15 juillet.
(2) Exemple : Cribles, présenté à Montpellier Danse et bientôt au Brésil et à Angers.
Mais, quelle est la suite pour la saison culturelle à venir ?
La tendance, c'est « roulez jeunesse » ! Open-Arts a concocté un programme avec moult spectacles jeune public et des parcours en fonction des âges des bambins (c'est toi petit qui emmènes ton papa ou ta maman au spectacle !). Citons Aldebert, le Cirque Eloize ou encore Ilka Schönbein. Côté drame, signalons la reprise de Yaacobi et Leidental, la prochaine création griffée NTA étant attendue pour novembre 2010. Christophe Lemaître, Shakespeare, Sophocle, Daniel Besnehard, Grumberg et Jacques Bonnaffé seront de la fête. Côté danse, le temps fort sera « Vidéodanse » avec notamment le Bal moderne. Quatre créations émailleront une saison de onze propositions.
Reste la question du hall de gare... pardon... du forum. « C'est le challenge pour les trois structures, confirme Emmanuelle Huynh. C'est un cadre imposé très dur mais nous avons cette grande chance de pouvoir le transformer, de jouer de son espace. »
Contact : Théâtre le Quai, cale de la Savatte, à Angers au 02 41 22 20 20. Sites : www.lequai-angers.eu et www.lequai.tv