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« Les crues isoleront plus souvent » : la Rosalie, un nouveau bateau au service des agriculteurs des bords de Loire... |
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La Rosalie, une nouvelle toue bétaillère au service des agriculteurs, est amarrée à Saint-Florent-le-Vieil. © Ouest-France
Livrée et amarrée à Saint-Florent-le-Vieil, commune déléguée de Mauges-sur-Loire (Maine-et-Loire), cette toue neuve à usage de bac de transbordement, pour du matériel ou du bétail. Construite en Loire-Atlantique, elle sera un équipement structurant après les travaux de rééquilibrage du fleuve appelé à être en crue plus souvent. Présentation.
Une toue de Loire, la Rosalie, est arrivée il y a une dizaine de jours de Machecoul (Loire-Atlantique), pour être amarrée à son port d’attache de Saint-Florent-le-Vieil, à Mauges-sur-Loire (Maine-et-Loire). Avec sa couleur argentée d’aluminium neuf, ce nouveau bateau, en forme de bac de transbordement, a aiguisé la curiosité des riverains.
Il fait partie d’un programme d’équipement dans le cadre du plan de rééquilibrage du fleuve. « À la suite des travaux, notamment la suppression des épis, il est envisagé que le niveau moyen de la Loire remonte dans le temps, que des zones humides se reconstitueront, explique Thomas Rabu, éleveur bio installé en face à Varades. Par conséquent, les crues isoleront plus souvent les habitants des îles, les agriculteurs et leur cheptel. » Son exploitation est inondable à 90 %.
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De nombreux financeurs dont l’Europe
Aussi, l’association Bacs des îles de Loire a été associée à ce programme impliquant la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), la Région, le comité Loire pour demain, les Voies navigables de France, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et le Conservatoire des environnements naturels.

De gauche à droite : Olivier Rousseau (Ysalt CDO Innov), Patrick Bertelot (LPO), Hubert Raymond, architecte naval chargé de contrôle et d’agrément, Nicolas Guérin, pêcheur de Loire, et Thomas Rabu, agriculteur à Varades. Ouest-France
Objectif : construire deux bacs de transbordement utiles en période de crues. Les deux bateaux neufs, d’un coût unitaire de près de 150 000 €, ont été cofinancés par ces partenaires, et abondés par des fonds européens et de la Région.
Ils seront à la disposition des agriculteurs qui pourront évacuer les troupeaux bovins et ovins de la vallée, habitués à passer l’été en pâture libre sur ces îles inondables. Et les pêcheurs professionnels, vrais connaisseurs des courants de la Loire, seront utiles pour intervenir en cas de risques naturels comme pour l’entretien de réseaux électriques.
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Jusqu’à 11 bovins adultes ou 50 moutons
La toue bétaillère florentaise, la Rosalie, a été construite par la société Isalt CDO Innov. Elle mesure de 13 m de longueur et 3,50 m de largeur, plus un pont relevable de 3,70 m. Elle est constituée de plusieurs caissons étanches en aluminium soudé. D’un poids total de sept tonnes, ce bateau insubmersible peut transporter une charge de 7,7 tonnes, ou jusqu’à onze bovins adultes voire une cinquantaine de moutons.

La Rosalie, en caisson d’aluminium, est réputée insubmersible et peut embarquer jusqu’à 7,7 tonnes de charge. Ouest-France
Il est équipé d’un moteur diesel de 50 CV. Le permis de le piloter, pour l’instant délivré à trois usagers dont les exploitations se situent entre Ingrandes et Anetz, est obtenu au terme d’un examen très sévère, sécurité oblige. Quant au Boutaven, la deuxième toue de transbordement, il a pour port d’attache Ancenis.
Des essais concluants avant l’agrément
Mercredi 3 décembre 2025, Hubert Raymond, architecte naval et agent officiel de contrôle et d’agrément, était au port de Montrelais pour procéder aux essais d’homologation de la Rosalie. Cela tombait bien, la Loire étant plutôt haute.
Après cet après-midi d’essais, son avis favorable a été envoyé à la DDTM, qui rendra rapidement un agrément officiel de navigation et de pilotage.