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« Le risque serait une rupture de digue de Loire » : cet ex-professeur hydrologue analyse les crues en Maine-et-Loire... |
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Selon le professeur émérite en sciences du sol et hydrologie à l’Institut Agro Campus d’Angers, Sylvain Charpentier, « le risque serait une rupture de digue de Loire mais il n’y en a pas eu depuis 1856 ». © LAURENT COMBET
Professeur émérite en sciences du sol et hydrologie à l’Institut Agro Campus d’Angers, Sylvain Charpentier analyse la crue de la Loire et des rivières des Basses Vallées angevines. Il rappelle que le danger existe toujours en Loire.
On a connu pire.
Depuis sa fenêtre, Sylvain Charpentier jette un œil curieux vers le fleuve, qui s’écoule de l’autre côté de la levée de Saint-Mathurin-sur-Loire. Le niveau est loin d’être critique
, ajoute le professeur émérite en sciences du sol et hydrologie à l’Institut Agro Campus d’Angers.
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Sylvain Charpentier, 75 ans, est professeur émérite en sciences du sol et hydrologie à l’Institut Agro Campus d’Angers. Il habite sur la levée de Saint-Mathurin-sur-Loire CO
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Membre du conseil d’administration de Loire-Odyssée, Sylvain Charpentier habite la commune ligérienne depuis des années. Il analyse la crue actuelle avec sang-froid. Pour les gens d’ici comme moi, voir la Loire à cette hauteur, ce n’est pas une nouveauté
, dit-il. Cela dit, il y a un emballement médiatique très fort. À tel point que cela engendre un tourisme de crue.
Si le professeur âgé de 75 ans n’est pas inquiet pour la Loire, il l’est davantage pour le secteur d’Angers. Le risque serait une rupture de digue de Loire mais il n’y en a pas eu depuis 1856
, retrace-t-il. La levée d’Anjou a mille ans d’histoire. Depuis une centaine d’années, c’est le secteur des basses vallées angevines qui souffre car il n’existe pas de protection. La Maine ne peut pas se vider avec une Loire aussi haute, sans compter les nombreuses précipitations tombées les jours précédents, qui ont alimenté la Mayenne, le Loir et le Sarthe.
Pas de panique en Loire mais le septuagénaire se méfie de l’eau qui dort. La dernière fois que j’ai vu des agents poser des batardeaux sur la levée de la Loire, c’était en 1982. Le fleuve est sur un plateau à Saumur mais le danger existe toujours.