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« J’ai signé 2,5 millions de lettres » : Michel était le chef de service de François Mitterrand à l’Élysée... |
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Le peintre a installé son atelier à Angers pour continuer à peindre. © Ouest-France
Michel Hénocq, qui s’occupait du courrier à l’Élysée sous la présidence de François Mitterrand, expose ses tableaux jusqu’au dimanche 15 février 2026 à Angers (Maine-et-Loire). « Pour ma première grande exposition, le Président était venu au vernissage. Ça m’a touché ! », raconte-t-il. Voici son histoire.
À Angers, la tour Saint-Aubin est actuellement illuminée de l’univers foisonnant de Michel Hénocq. Dans les tableaux du peintre né en 1938, il y a des personnages loufoques, grinçants, grimaçants, émouvants, cul par-dessus tête, des diablotins dansant avec des grosses dames à petits talons fins.
« Je voulais raconter des histoires avec ma peinture »
Ses tableaux fourmillent de détails, d’une foule de personnages, d’animaux participant à la fête joyeuse d’une humanité, bonne vivante pour le peintre, dérangeante pour certains, amusante pour d’autres. Et plus de 50 ans de peinture, ça se fête !
Tout part d’une passion d’enfance. « Mes parents m’avaient offert très tôt une boîte de peinture. J’étais en fait, un enfant sage qui peignait ! » À 17 ans, l’enfant sage exposait déjà, au salon des artistes de Dieppe (Seine-Maritime). Il faisait des paysages. « J’allais sur le port peindre des bateaux, mais en fait je m’ennuyais. Je voulais raconter des histoires avec ma peinture, je cherchais mon style. »
« Je signais 1 000 lettres par jour »
L’enfant sage qui s’ennuyait a ensuite fait Sciences Po. « Des études sérieuses. Je suis rentré à la préfecture de Paris et j’ai commencé une carrière qui m’a mené au ministère de la Culture puis à l’Élysée ».
Sous la présidence de François Mitterrand, il devient même chef de service de courrier. « Je signais 1 000 lettres par jour. J’ai calculé que cela a représenté 2,5 millions de lettres. Pour ma première grande exposition, le Président était venu au vernissage. Ça m’a touché ! »
Malgré sa carrière professionnelle, Michel Hénocq n’a pas abandonné la peinture. Autodidacte à l’imagination prolixe, il a toujours introduit dérision et fantastique dans ses tableaux. « Pendant la guerre, j’avais peu de livres, je relisais cent fois “Alice au pays des Merveilles”. Je crois que j’ai fait plus tard comme elle. Je suis passé de l’autre côté du miroir. Tout m’est permis dans l’univers de mes tableaux, même si cela n’a pas de sens apparemment. »
Petit à petit, il met ses obsessions, ses angoisses, ses fantasmes, des choses graves parfois. Mais jamais sinistre. « Juste, je peins avec beaucoup de liberté. »
Jusqu’à dimanche 15 février, à la tour Saint-Aubin, rue des Lices, de 11 h à 18 h. Entrée libre.