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« Ils sont des cibles », « grossière erreur » : le sujet de l’armement de la police d’Angers divise... |
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Le maire d’Angers n’est plus opposé à l’armement de la police municipale. © Ouest-France
Face à la hausse de la délinquance à Angers (Maine-et-Loire), Christophe Béchu, maire de la Ville, réfléchit à armer la police municipale. Ce sujet sensible divise les Angevins. On vous a posé la question.
Faut-il armer la police municipale ? Le sujet brûlant a été remis sur la table par Christophe Béchu, le 22 novembre 2024. Le maire d’Angers a reconnu une évolution de son positionnement, la justifiant par la hausse de la délinquance dans la ville. « Il n’y a pas de tabou sur la question de l’armement », a-t-il assuré.
Et vous, qu’en pensez-vous ? On vous a demandé votre avis, il y a quelques jours, sur notre site. Nous avons reçu plus d’une centaine de réponses, avec des positions radicalement opposées. Sébastien (1), ancien responsable des forces de l’ordre à Angers, fait partie du camp des « pour ».
« L’insécurité grandissante à Angers »
« L’arme létale apporte de la crédibilité sur la voie publique et garantit la sécurité des agents qui sont souvent des primo-intervenants, explique-t-il. Mais elle doit rester une arme de dernier recours. Avant son usage, il y a d’autres armes intermédiaires (bombe lacrymogène, bâton télescopique, pistolet à impulsion électrique, lanceur de balle de défense) dont la police municipale est déjà dotée ».
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Si Sébastien juge « indispensable » l’armement létal, c’est aussi parce qu’il considère « l’insécurité grandissante à Angers » ces dernières années. « Les policiers sont devenus des cibles comme tous les agents en uniforme. La peur doit changer de camp », déclare l’homme de 47 ans.
« Assister efficacement la police nationale »
« L’insécurité » est un mot qui revient dans plusieurs témoignages. « Comment peut-on assurer la sécurité sans être soi-même en sécurité ? », s’interroge Raphaël. « Donnez aux policiers les moyens de se défendre ! » « Leur métier devient de plus en plus difficile et dangereux », abonde Régis, qui dit sa « reconnaissance » à « ces femmes et ces hommes qui risquent chaque jour leur vie pour nous protéger ».
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Pour Yves, l’armement pourrait « inciter certains malfaiteurs à réfléchir », avant d’agir. Il permettrait également, selon Julien, « d’assister efficacement la police nationale, en offrant une réponse rapide et adaptée lors d’un incident grave ».
« Des mentalités de cow-boys qui risquent de se sentir pousser des ailes »
Dans le camp des « contre », on redoute que l’armement n’entraîne une escalade de la violence. « Il y en a bien assez dans notre société pour risquer des blessés ou des morts supplémentaires », dénonce Sophie. « Des armes se baladent déjà . Ce n’est pas utile d’en rajouter », estime Lionel, qui attend des agents une « présence bienveillante ».
« Ce serait une grossière erreur, avance également Marie-Claire. La police municipale a un rôle d’agent de prévention et de surveillance. La réponse à la violence est le calme, la maîtrise de soi. Il convient de garder son sang-froid. » Claude est également contre : « Le rôle de la police municipale est de compléter les missions de la police nationale, pas de s’y substituer. Je ne parle pas de certaines mentalités de cow-boys qui risquent de se sentir pousser des ailes ».
L’inquiétude autour de la formation
« Pour maîtriser parfaitement une arme, il faut aussi s’entraîner très régulièrement », s’alarme Patrick. Le manque de formations est une inquiétude soulevée par plusieurs internautes.
Ces dernières « sont strictes et encadrées par le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), assure Sébastien, ancien policier. Il y en a au minimum deux par an et par arme. De nombreuses mises en situation sont traitées tout au long de l’année dans le cadre des entraînements hebdomadaires. La professionnalisation s’est accrue ces dernières années ».
(1) Le prénom a été changé.