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« On se rapproche des 6 m 30 » : l’eau ne cesse de monter en Maine-et-Loire, la situation s’aggrave... |
La cellule de crise intercommunale s’est réunie à Angers (Maine-et-Loire), ce jeudi 19 février 2026, en présence de la ministre Françoise Gatel. Alors que le département est placé en vigilance rouge aux crues depuis quatre jours, la situation ne devrait pas s’arranger.
Les actualisations sont plus pessimistes qu’hier matin.
Ce sont les premiers mots de Christophe Béchu, maire d’Angers, lors d’une nouvelle réunion de la cellule de crise intercommunale à Angers (Maine-et-Loire), ce jeudi 19 février 2026. Signe d’une situation exceptionnelle, celle-ci s’est tenue en présence de la ministre de l’Aménagement du territoire, Françoise Gatel. Elle s’est déplacée dans le département, placé en vigilance rouge aux crues depuis lundi 16 février 2026.
À Angers, le niveau de la Maine ne cesse de grimper - il était de 6 m 28 au pont de Haute-Chaîne ce matin -. Et la perspective de voir la Loire baisser, ce qui permettrait d’aider la Maine à s’écouler, s’éloigne. Aujourd’hui, la Loire remonte
, constate Christophe Béchu. Pourquoi cette aggravation ? La Vienne se recharge et la Haute-Vienne est passée, mercredi 18 février, en alerte orange. De facto, la Loire remonte.
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« On se rapproche des 6 m 30 »
Des mesures ont donc été prises en cascade mercredi et elles devraient continuer de rythmer cette journée. Des ponts, dont celui de Haute-Chaîne, près du CHU d’Angers, ferment à la circulation. Une partie des axes routiers du centre-ville d’Angers, en bas de la cité, sont paralysés pour prévenir de la montée des eaux. On se rapproche des 6 m 30 (Haute-Chaîne)
, poursuit Christophe Béchu, les yeux rivés sur Vigicrues. L’outil permet de se projeter jusqu’à vendredi 20 février, 22 h. « La montée continue, nous n’avons pas atteint le plateau et on se prépare à une montée constante », précise le préfet, François Pesneau.
« Même en anticipant, ça se complique »
Aucune baisse significative n’est attendue dans le week-end et le niveau de la Maine pourrait atteindre 6 m 40. Pour rappel, en 1995, la crue du siècle avait fait monter le niveau à 6,66 m au pont de Basse-Chaîne et avait entraîné de nombreux dégâts à Angers. « Même en anticipant, ça se complique », observe Florence Dabin, présidente du Conseil départemental de Maine-et-Loire.
Du côté de la Loire, la situation ne s’arrange pas. Aux Ponts-de-Cé, l’ordre d’évacuation de près de 900 habitations court toujours. Le Département a décidé de « fermer la portion entre Saint-Georges-sur-Loire et Chalonnes. »
Une cinquantaine de pompiers sont affectés aux crues au quotidien. Florence Dabin rappelle l’appui des pompiers des départements de la Manche et de l’Eure-et-Loire. Elle appelle à la prudence : « Nous ne sommes pas maîtres d’une telle situation. Il ne faut pas prendre de risques. »
« Les événements évoluent de manière plus grave »
Je suis là pour vous apporter mon soutien. Les événements évoluent de manière plus grave
, constate Françoise Gatel. Elle assure que l’État se tient aux côtés des services et la cellule interministérielle se réunira début mars
pour décider d’une reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. Elle précise que le fonds de solidarité a été augmenté cette année. « Beaucoup de communes ont rencontré des difficultés d’assurance. Nous avons un médiateur d’assurance pour vous aider. »