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« Le plan imaginé, on a réussi à le mettre en place » : Angers Sco, l’audace récompensée... |
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La joie des Angevins après le but d’Ousmane Camara. © AFP
Une première mi-temps quasi parfaite, une seconde à ne rien lâcher : à Marseille, ce mercredi 29 octobre (2-2), Angers Sco a réalisé une performance de haute volée qui lui permet de faire tourner le compteur points et de confirmer sa montée en puissance.
Techniquement et tactiquement, une première période de rêve
Le Sco a-t-il proposé la meilleure version de lui-même depuis le début du mandat d’Alexandre Dujeux, au cours de cette première période de rêve, mercredi soir au Vélodrome ? C’est fort possible, et même Alexandre Dujeux semble valider cette théorie : « J’ai vu une excellente première mi-temps de l’équipe, on a réussi à mettre en place ce qu’on souhaitait. C’est une vraie belle performance. » « On a pris beaucoup de plaisir », confirme l’un des héros de la soirée, Ousmane Camara, auteur du but égalisateur.
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Dans les coursives du Vélodrome, les observateurs étaient bluffés par la prestation angevine. « Angers n’est pas une équipe qui met le bus et joue si bas que ça, elle va vers l’avant », disait Roberto De Zerbi avant la rencontre. Le technicien olympien a été servi : avant d’entrer en résistance après la pause, quand l’OM s’est remis la tête à l’endroit, le Sco a réalisé une première partie de rencontre XXL, que ce soit dans la tenue du ballon ou la discipline tactique. « Marseille est une équipe avec des points de fixation à l’intérieur, avec beaucoup de joueurs qui se baladent entre les lignes, analyse Dujeux. L’idée était de couper les transmissions vers ces joueurs-là , d’avoir une récupération du ballon intelligente et d’être proche les uns des autres ensuite, pour se projeter vers l’avant. Et aussi d’utiliser la profondeur laissée par les Marseillais qui engagent toujours beaucoup de joueurs sur le plan offensif. Le plan qu’on avait imaginé, on a réussi à le mettre en place. »
S’il n’est simple de ressortir des individualités, comment ne pas mettre en avant la prestation de Sidiki Cherif, encore buteur et qui a fait vivre un enfer à la défense marseillaise, par sa capacité à lui imposer un combat physique rugueux, à prendre la profondeur, à faire remonter le bloc et se procurer des occasions (4 frappes). L’autre grand bonhomme de cette séquence est Himad Abdelli : dans sa position basse, l’international algérien a excellé dans la tenue et distribué le jeu avec une infinie justesse, tout en profitant des espaces laissés par les Marseillais dans l’axe pour remonter le ballon. « Après Strasbourg, on a mis le doigt sur les défaillances qu’on avait pu avoir au niveau technique, retrace Dujeux. Et ce (mercredi soir), on a été très bon pour ressortir la balle sous pression, c’est une satisfaction. »
Physiquement, une débauche d’énergie folle
Si le Sco a réussi une telle prestation, c’est qu’il a su imposer aux Marseillais une intensité folle. Comme d’habitude, les Angevins ont beaucoup couru, à l’image du duo de marathonien Haris Belkebla-Yassin Belkhdim, qu’Alexandre Dujeux a fini par faire sortir pour le préserver dans cette semaine à trois matches. « Franchement, on s’est mis le cul par terre, on est un peu fatigué. C’était un gros match, on a mis beaucoup d’intensité », indique Camara.
Il faut dire que les efforts n’ont jamais varié, même quand l’OM s’est retrouvé devant au cœur de la seconde période et qu’il aurait alors pu être tentant de rendre les armes, sous le coup de la fatigue et de la déception de s’être fait reprendre puis dépasser. Au contraire, l’intensité est restée la même, et c’est ce qui a permis au Sco d’aller chercher cette égalisation au bout du temps additionnel. Ce n’est pas un hasard : cette saison, il a pris quatre fois le point du match nul en revenant au score après avoir été mené (1-1 contre Rennes, Metz et Monaco, 2-2 face à Marseille). « Ne rien lâcher, ça fait partie de notre ADN, assure Alexandre Dujeux. Nous, on doit se battre de la première à la dernière seconde. Hormis à Strasbourg, c’est toujours cet état d’esprit qu’on a affiché cette saison. Et cette débauche d’énergie nous a permis de valoriser tout un tas de ballons qu’on a récupérés. »
Mentalement, un point et des buts qui font du bien
Ce point a une double vertu : il permet d’abord au compteur de continuer de tourner, avec cinq unités prises en trois matches contre Monaco, Lorient et Marseille, un bilan très intéressant ; et il fait du bien aux têtes, aussi, car cette débauche d’énergie ne pouvait pas être vaine. « J’aurais vraiment été déçu de ne pas ramener au moins un point de ce déplacement, avoue Alexandre Dujeux. Avec tout ce qu’on a entrepris, ça aurait été vraiment cruel. »
Aussi, après la grosse prestation offensive mal payée contre Monaco et les deux buts inscrits contre Lorient, le Sco a de nouveau trouvé la faille à deux reprises à Marseille. Il semble loin le temps ou il se cherchait sur le plan offensif (3 buts inscrits lors des 7 premières journées). « Le groupe prend confiance par rapport au fait qu’on est en capacité de marquer, note le coach. Il faut rester très prudent, mais cette capacité à nous créer des occasions par ces jeunes joueurs, ça rassure tout le monde. »