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Deux ans après, cette église de Maine-et-Loire retrouve son mystérieux tableau... |
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Vendredi 14 novembre 2025, les agents de la commune de Saint-Barthélemy-d’Anjou (Maine-et-Loire) ont procédé à la réinstallation, à sa place initiale, du tableau parfaitement restauré. © Ouest-France
Le tableau La mort d’une religieuse de Fontevraud, une œuvre mystérieuse du XVIIe siècle, a récemment retrouvé sa place dans l’église de Saint-Barthélemy-d’Anjou (Maine-et-Loire) après une restauration minutieuse. Décrite comme encrassée et altérée, l’œuvre a nécessité un double nettoyage et des retouches délicates pour redonner vie à ses couleurs.
Le tableau La mort d’une religieuse de Fontevraud est une énigme. Qui représente-t-il ? Qui l’a peint ? Quand est-il arrivé dans l’église de la commune ? Pourquoi ? Seule certitude, ou presque, il a été peint dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. Et, malgré les restaurations successives qui ont eu lieu au XIXe siècle, ou à cause d’elles, il était nécessaire de procéder à une restauration globale de l’œuvre d’art encrassée et enlaidie, classée aux monuments historiques.
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Le décrochage avait eu lieu il y a deux ans. Vendredi 14 novembre 2025, en retrouvant sa place dans l’église de Saint-Barthélemy-d’Anjou (Maine-et-Loire), le tableau a également retrouvé toute sa clarté et ses nuances. « Le travail a été très long parce qu’il a fallu dérestaurer avant de restaurer. À l’atelier, on a eu la surprise de trouver deux couches de vernis oxydé qui cachaient beaucoup de repeints. On a dû procéder à un double nettoyage avant de faire le travail de retouche avec des pigments », détaille Claire Le Goff, restauratrice d’œuvres d’art à Nantes.
« J’ai fait des retouches, pour conserver l’usure »
Le format du tableau, qui avait été modifié puis colmaté de façon inesthétique, a aussi dû être repris, avec de la toile de lin renforcée par de la crépeline de soie, ainsi que le châssis, fendu et vermoulu. Le tableau a enfin été doublé d’une toile polyester sur le revers.

Anaïs Ménard, qui a restauré le cadre ; Anna Leicher, conservatrice antiquités et œuvres d’art au Département ; Claire Le Goff, restauratrice du tableau ; Séverine Gaboriau, adjointe à la culture ; et Gurval Reto, directeur des affaires culturelles. Ouest-France
Anaïs Ménard, restauratrice dorure, s’est chargée du cadre. « J’ai fait des retouches pour conserver l’usure. Quand on restaure, il faut garder la patine, ne pas faire dans le clinquant », explique-t-elle. Des propos corroborés par Claire Le Goff : « Restaurer, c’est ne pas tromper. Il ne faut pas chercher la perfection, vouloir aller trop loin pour ne pas trahir l’œuvre. »
Anna Leicher, conservatrice des antiquités et des œuvres d’art au Département, présente lors de la réinstallation, a apprécié tout le travail accompli. La restauration du tableau a coûté 11 965 €. L’aide financière de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) et du Département représente 60 % du coût global.