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Dans ce théâtre du Maine-et-Loire, elles œuvrent pour rendre l’art accessible à tous les handicaps... |
Au théâtre de l’Hôtel-de-Ville de Saint-Barthélemy-d’Anjou (Maine-et-Loire), Maud Pierre dit Lemarquand et Amélie Chanat ont créé des outils et mis au point des dispositifs afin que les personnes en situation de handicap puissent, elles aussi, profiter des spectacles.
4 questions à Maud Pierre dit Lemarquand, chargée d’action culturelle, et Amélie Chanat, chargée de communication pour la commune de Saint-Barthelémy-d’Anjou (Maine-et-Loire).
Que fait déjà le théâtre de l’Hôtel-de-Ville (THV) pour les personnes en situation de handicap ?
Maud Pierre dit Lemarquand : Le THV, comme tout établissement recevant du public, applique la réglementation PMR (personnes à mobilité réduite). Trois places sont réservées aux personnes en fauteuil roulant. On peut aller jusqu’à 6, et même démonter tout le premier rang. L’accueil et la scène sont sur boucle magnétique. Un micro prend le son et le renvoie sur une fréquence particulière aux personnes équipées d’appareils auditifs.
Cette année, en plus de la plaquette des spectacles, vous mettez à disposition deux guides. À qui sont-ils destinés ?
Amélie Chanat : Le guide des spectacles indique ceux qui sont les plus accessibles à certaines formes de handicap, mental, malvoyance ou déficience auditive. Sur certains concerts, on propose aux personnes malvoyantes de venir rencontrer les musiciens avant. L’audiodescription n’est pas mise en place pour des raisons de limite financière et il n’y a pas de public pour l’instant. On peut aussi emprunter des gilets vibrants au Quai ou au Chabada, pour des spectacles de danse par exemple. Ces dispositifs techniques, qui vibrent sur les basses, sont conçus pour que les malentendants ressentent la musique.
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L’autre guide affiche des pictogrammes. De quoi s’agit-il ?
M.PdL : Avec une stagiaire en médiation culturelle, on a travaillé sur un guide qui prépare la pratique de la venue au théâtre. C’est le guide Falc (Facile à lire et à comprendre), destiné aux personnes qui ne parlent pas bien français ou ont du mal à l’écrit. Ce document a été validé par un Esat (établissement et service d’aide par le travail) et un IME (Institut médico-éducatif). Le papa d’un enfant trisomique nous a parlé du Makaton, des pictogrammes très simples que les enfants associent tout de suite à des actions. Avec l’aide de deux éducateurs de l’IME la Bellière, on les a mis dans la plaquette, et dans différents lieux du théâtre.
Ces outils ont-ils rencontré leur public ?
A.C : On débute, on tâtonne. On sait que ces supports ne sont pas miraculeux, mais on se rend compte que le guide disparaît rapidement du hall. Donc, ça intéresse. On l’a mis aussi à la médiathèque et au village Pierre-Rabhi. On essaye de rendre visibles nos actions, et que notre lieu soit identifié comme accessible à tous, tout le temps.