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Histoire d'amour à Angers : « Mon stock de mouchoirs est épuisé pour les dix prochaines années »

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photo histoire d'amour à angers : « mon stock de mouchoirs est épuisé pour les dix prochaines années »  © adobestock
Histoire d'amour à Angers : « Mon stock de mouchoirs est épuisé pour les dix prochaines années » © AdobeStock

Hélène rencontre Fouad à 19 ans. Après des années où chacun vit de son côté, leurs chemins se recroisent finalement, provoquant des retrouvailles bouleversantes. À travers ce récit intime, Hélène raconte comment un regard croisé à Angers a traversé le temps, les épreuves et les renaissances, jusqu’à devenir une histoire d’amour et de résilience.

Une rencontre qui déroute

Il a l’audace des personnes qui se sont forgées seules. Nous sommes à l’Abbaye café, plongés dans la lumière calfeutrée de ce bar où les soirées étudiantes battent leur plein. Il est accompagné d’un ami que je connais et je sens rapidement son regard posé sur moi. Je fais mine de ne pas l’avoir vu, attendant au bar que quelqu’un prenne ma commande.

Il s’approche avec assurance et me salue d’un grand sourire. Il a des yeux azur et un joli visage planté sur un corps bien bâti d’1m93. Ses lèvres sont charnues et ses cheveux noirs et bouclés. Il m’intrigue autant qu’il me déroute par sa physionomie atypique et son regard perçant.

« J’ai 16 ans et suis en classe de seconde lorsque je rencontre ce gaillard insolite »

Il porte une veste en cuir, fume des Marlboro et vit à la Roseraie. Il a 19 ans et un BEP en poche. Il travaille beaucoup et la vie ne semble pas lui avoir toujours été facile. Il est pourtant chaleureux et souriant bien qu’un peu maladroit.

Assez rapidement, je fais mine de ne pas être intéressée et lui rétorque que j’ai un copain. Je me sens déroutée et je rentre chez moi, intriguée par notre rencontre.

Des années qui passent, un lien qui demeure

Quelques jours plus tard, il m’envoie une demande sur Facebook et nous y resterons « amis ». Les années passent et j’entre à l’université pour faire des études de communication. Le hasard s’en mêle et je fais la rencontre dans ma promotion d’une certaine Émilie qui sera la meilleure amie de sa sœur.

Chacun mène sa vie et la parenthèse de notre rencontre semble très lointaine. Il me souhaite mon anniversaire chaque année et je suis toujours en couple. Le temps passe et la vie m’emmène en Grèce où je puise dans mes racines pour me forger une identité.

« Parfois je pense à lui et je me dis que cela nous fait un point commun »

Son père est libanais, le mien est grec et les cultures sont assez proches. Un problème de santé m’oblige à quitter le pays d’Héraclès et je rentre en France un peu déroutée. Mes relations amoureuses n’ont pas été de tout repos et mon stock de mouchoirs est épuisé pour les dix prochaines années.

Le choc des retrouvailles

J’apprends par notre amie commune que son frère est décédé soudainement. Comme une évidence, et malgré le vide temporel entre nous, je décide de lui écrire. Je lui envoie un message de condoléances et lui dis que « s’il veut parler, je suis là ».

Il me répond presque immédiatement et me propose de nous rencontrer deux jours plus tard.

« On se retrouve en terrasse d’un café sur les bords de la Maine »

Sa physionomie est la même mais son allure a changé. Il est élégant et charismatique et je me sens nerveuse. On échange jusqu’au coucher du soleil puis on part chez lui refaire le monde.

Il m’apprend avec pudeur que son père est reparti au Liban quand il avait 13 ans, les laissant dans une situation précaire. Il distribue alors des journaux à l’aube dans les boîtes aux lettres pour aider sa mère. Il connaît les Restos du cœur et décide de quitter le lycée pour travailler.

La force d’un parcours : « J’ai en face de moi un guerrier en costume trois pièces »

Un sentiment de malaise et de honte s’empare de moi en repensant à notre première rencontre et au jugement hâtif que j’avais porté sur lui. J’ai en face de moi un guerrier en costume trois pièces.

Cet être étonnant m’apprend ensuite qu’il a repris des études d’économie tout en travaillant quotidiennement dans la restauration. Je suis admirative et déroutée par son parcours extraordinaire.

Il est à la tête de son entreprise et travaille comme conseiller en gestion de patrimoine. Le « p’tit mec » de la Roseraie brille devant moi et son éclat me touche autant qu’il me fascine.

L’amour comme évidence

Les jours passent et je ne me lasse pas de sa compagnie, j’en deviens accro. Qui aurait cru que ce jeune homme rencontré dans un bar d’Angers à 16 ans deviendrait le père de mes enfants ?

Cet être lumineux et résilient m’a appris que rien n’est impossible à celui qui croit que l’adversité n’a pas de prise sur l’espoir et la combativité. Il m’a inspiré plus que tous les livres de développement personnel que j’ai pu lire et je suis fière de grandir chaque jour à ses côtés.

« Rien n’est impossible à celui qui croit que l’adversité n’a pas de prise sur l’espoir »

À l’heure où je vous partage mon récit, s’écrit le point d’orgue de notre histoire. Couchés sur le papier se tracent les lignes de notre prochain voyage : « Hélène et Fouad ont la joie de vous annoncer leur mariage en Grèce en 2025. » 

 

 

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