Bioparc. Diane Thollin, soigneuse animalière : « On ne fait pas ce métier pour rien »
Au Bioparc de Doué-la-Fontaine, elle veille sur les lions, les guépards, les vautours ou encore les loutres géantes. Soigneuse animalière depuis quatorze ans, Diane Thollin incarne une passion sans faille pour les animaux... mais aussi pour la pédagogie, la transmission et la conservation. Entre rigueur de terrain et lien invisible avec le vivant, elle raconte un métier de l'ombre, essentiel et engagé.
En Z, il y avait zoologiste. Pour moi, c'était ça. Petite, Diane Thollin découvre les métiers en feuilletant un abécédaire. À la lettre Z, elle tombe sur ce mot qui la fait rêver. Le destin est lancé, ou presque. « En réalité, je voulais être soigneuse animalière, mais à l'époque, on ne savait pas que ce métier existait. Il y a 15 ans, personne n'en parlait. »
À 34 ans, Diane est aujourd'hui soigneuse animalière au Bioparc de Doué-la-Fontaine. Depuis cinq ans, elle veille sur les carnivores du parc : lions, guépards, panthères, loups à crinière, loutres géantes ou vautours. Mais son histoire commence bien avant, entre détermination, débrouillardise et soif d'apprendre.
Son quotidien commence tôt, par une tournée d'observation. Avant même de nettoyer les enclos ou de préparer les rations, il faut voir. Regarder chaque animal, déceler un changement de comportement, une petite blessure, un signe de fatigue. « C'est la base de notre métier : l'observation. On doit connaître chaque individu par cœur. » Ensuite vient le travail physique, exigeant, sous tous les temps. Nettoyer les loges, entretenir les parcs, préparer les enrichissements pour stimuler les comportements naturels des animaux.

Mais pour Diane, être soigneuse, c'est bien plus que de la technique. C'est un engagement profond pour la conservation des espèces. Le Bioparc est reconnu mondialement pour ses Projets Nature. « On ne travaille pas juste pour que les gens voient des animaux. On travaille pour protéger leurs milieux naturels, d'éduquer les populations locales. C'est là que la conservation prend tout son sens. Et à travers ces actions concrètes, chaque soigneur trouve un peu plus de sens à son quotidien. »
Transmettre pour préserver
Diane n'a pas toujours aimé faire de l'animation. Beaucoup de soigneurs disent qu'ils n'aiment pas les gens, qu'ils veulent juste s'occuper des animaux. Mais sans les humains, on n'arrivera à rien. Elle voit l'éducation comme une clé. « Aujourd'hui, j'adore transmettre. Quand on est sincère, les gens le sentent. Et ça peut les faire agir, eux aussi. »
Elle participe régulièrement à des ateliers avec les scolaires, convaincue que c'est très important de sensibiliser les jeunes à la conservation dès le plus jeune âge. Transmettre, pour elle, c'est éveiller une conscience, planter une graine. « Peut-être qu'un enfant repartira avec une envie, un déclic. C'est comme ça que ça commence. »

Et si elle devait résumer son métier ? « Ce n'est pas juste nourrir et nettoyer. C'est être à l'écoute, observer, apprendre, s'adapter, transmettre. C'est tisser des liens avec les animaux. Cette confiance, cette reconnaissance... Et puis cette petite goutte qu'on apporte, chaque jour, pour préserver quelque chose de plus grand. »
Le saviez-vous ?
Le Bioparc abrite plus de 1500 animaux dans un cadre troglodytique unique au monde. Il soutient activement plus de 20 projets de conservation à travers le globe, financés grâce aux entrées des visiteurs et à des dons. Chaque année, des milliers de scolaires sont sensibilisés à la protection de la biodiversité grâce aux équipes pédagogiques et aux soigneurs du parc.
BIOPARC - Zoo de Doué-la-Fontaine
- 103 rue de Cholet, Doué-la-Fontaine
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- bioparc-zoo.fr