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Valéry Giscard d’Estaing. Hervé de Charette : « Il avait le désir de s’occuper des Français »... |
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Valéry Giscard d’Estaing était venu parler du projet de constitution européenne à l’Essca d’Angers avec Hervé de Charette, à droite, et Roselyne Bachelot. © Archives Ouest-France/PHILIPPE RENAULT
Hervé de Charette, ancien ministre des Affaires étrangères et député du Maine-et-Loire, était l’un des proches de Valéry Giscard d'Estaing.
Trois fois ministre, de 1986 à 1988, de 1993 à 1995 puis de 1995 à 1997, notamment comme ministre des Affaires étrangères, Hervé de Charette, également député du Maine-et-Loire de 1988 à 2012, était l’un des proches du président de la République, Valéry Giscard d'Estaing.
« Pour tous les Giscardiens, c’est un événement douloureux, triste. Parce que nous avions non seulement le souvenir de tout ce que l’on a fait ensemble, mais c’était aussi un ami. »
« C’est l’homme qui a modernisé notre pays »
C’est à sa demande que le président est venu plusieurs fois dans le département. La première, en 1992, « pour le oui au traité de Maastricht », se souvient-il. La seconde fois, c’était à l’occasion d’une intervention devant les élèves de l’école de commerce l’Essca, à Angers, pour parler « de la Constitution européenne dont il est le père et qui malheureusement, n’a pas été adoptée. »
Hervé de Charette rappelle que Valéry Giscard d'Estaing était « profondément attaché à l’Europe ». « C’était un grand réformateur, avec une grande vision politique », assure-t-il. « C’est l’homme qui a modernisé notre pays. Il a été élu peu de temps après 1968, période où les gens aspiraient aux changements… »
Et allant parfois à l’encontre de son électorat comme avec la loi sur l’avortement ou le divorce par consentement : « Il pensait que la France devait être gouvernée ensemble et qu’il fallait sortir de l’affrontement de la droite et la gauche. Que c’était l’intérêt général du pays qui devait primer. »
Un homme « à l’intelligence lumineuse »
Il salue un homme à l’« intelligence lumineuse. J’ai le souvenir d’assister à des repas en comité restreint, chez Giscard. Et quand on le voyait avec Helmut Schmidt [ex-chancelier allemand NDLR], on était frappé par leurs échanges. Ils partageaient la même vision de l’Europe. »
« Je pense que Giscard a été très combattu, sur un terrain injuste… Il a été jugé distant, éloigné des Français. C’est une formidable méprise et la victoire d’une campagne politique à son encontre. Il avait au contraire un sens de la proximité exacerbé et le désir profond de s’occuper des Français. »