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Union Européenne : 50 000 personnes rêvent de devenir fonctionnaire de la Commission européenne... |
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Le Berlaymont, le siège de la Commission européenne à Bruxelles (Belgique). © OUEST FRANCE
Un concours pour devenir fonctionnaire permanent européen s’est ouvert début février. Cela faisait sept ans que cela n’avait plus été le cas. Les candidatures s’annoncent très nombreuses, pour très peu de places au bout.
Qui a dit que la Commission européenne ne faisait pas rêver ? L’ouverture des candidatures au poste de fonctionnaire européen permanent fait frémir de nombreux candidats. Ils seraient 50 000 à préparer leur CV d’ici le 10 mars à midi pour postuler, selon le site spécialisé Euractiv, auprès de l’EPSO, le bureau de sélection du personnel européen. Ils étaient environ 40 000 en 2019.
Après sept ans sans appel à candidatures, la bulle européenne fourmille de personnes intéressées. Avec le manque de postes à pourvoir, beaucoup ont dû se retourner vers les contrats à durée déterminée. Nombre d’entre eux ont fini par accepter ce type de contrat de six ans dans une unité de la Commission, une de ses ambassades (les représentations), dans une agence européenne ou alors rejoindre un lobby du quartier européen à Bruxelles, qu’il soit du côté des entreprises ou des ONG. Entrer, même au bas de l’échelle de cette administration de seulement 32 000 personnes en tant qu’administrateur de premier niveau (dit AD5), est perçu comme le graal.
Trouver le mouton à cinq pattes
Souvent surdiplômés ou sortant des plus grandes écoles d’administration en Europe (Collège de Bruges, l’ENA…), ces candidats pestent régulièrement sur le manque de postes de titulaires. Ces Européens rêvent pourtant de travailler avec 26 autres nationalités et d’être un rouage de la construction européenne, avec un salaire attractif. Le grade d’AD5 ouvre une rémunération mensuelle d’environ 6 000 €, jusqu’à 25 000 € pour le chef d’une direction générale, l’équivalent du patron d’un ministère à la Commission.
Le concours est en plus très ouvert : il suffit d’avoir un diplôme sanctionnant trois ans d’études et de parler au minimum deux des 24 langues de l’UE (du niveau C1, un utilisateur expérimenté). Pas besoin d’expérience professionnelle promet le site de la Commission, mais de savoir répondre à un test de raisonnement et de connaissances sur l’UE, ainsi qu’un « texte libre » sur les questions européennes, dont une grande partie à rédiger dans sa langue la plus « faible ». Mais seulement 1 490 « lauréats » pourront passer des entretiens à l’oral pour 750 postes à pourvoir dans les deux prochaines années. Il y aura donc beaucoup de déçus.