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Un jeune homme condamné à 25 ans de prison pour l’assassinat d’un septuagénaire homosexuel... |
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Un jeune homme a été condamné à 25 ans de prison jeudi 5 mars 2026 par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône pour l’assassinat d’un septuagénaire homosexuel (photo d’illustration). © Béatrice LE GRAND / ARCHIVES OUEST-FRANCE
La cour d’assises des Bouches-du-Rhône a condamné jeudi à 25 ans de prison un jeune homme pour avoir assassiné un septuagénaire auprès duquel il s’était prostitué quelques jours plus tôt. Le petit frère du prévenu, qui était âgé de 14 ans au moment des faits, avait déjà été condamné en mai dernier à 15 ans de réclusion criminelle.
La cour d’assises des Bouches-du-Rhône a condamné jeudi un jeune homme à 25 ans de réclusion criminelle pour l’assassinat d’un septuagénaire homosexuel qu’il soupçonnait de pédophilie.
L’avocat général avait requis trente ans de réclusion évoquant « un risque de réitération ».
Les jurés ont également prononcé une mesure de suivi socio-judiciaire pendant cinq ans après sa libération, tant la dangerosité du jeune accusé a occupé les débats.
« Il revendique son acte »
Le 10 août 2023, accompagné de son frère alors âgé de 14 ans, il s’était rendu au domicile marseillais de la victime auprès duquel il s’était prostitué trois jours plus tôt via le site Coco.
À peine arrivés, les deux frères lui assénaient de nombreux coups de couteau allant jusqu’à égorger le septuagénaire dans sa baignoire, une quasi-décapitation, a relevé un médecin légiste.
Le plus jeune avait été condamné pour ces faits, en mai 2025, à quinze ans de réclusion par la chambre spéciale des mineurs de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, bénéficiant automatiquement de l’excuse de minorité.
« Il revendique son acte », a noté l’avocat général, « se présente comme une espèce de justicier face à la décadence de la société et décide du droit de vie et de mort sur un homme qu’il soupçonne de pédophilie mais la justice se rend dans les prétoires ».
« Un défaut d’empathie »
Lors de l’instruction, l’accusé avait multiplié les déclarations préoccupantes, évoquant son « désir de voir ce que ça faisait d’ôter la vie » alors que ses professeurs avaient déjà alerté sur son obsession à dessiner des armes voire des scènes de décapitation. Bien que les frères aient dérobé le téléphone de la victime, ses clés d’appartement et de l’argent, l’accusation a d’emblée écarté tout mobile crapuleux.
L’environnement familial du condamné, la passion des armes que lui faisait partager son père depuis l’enfance, l’éducation viriliste donnée aux deux frères, une homosexualité impossible à révéler et l’aversion pour la pédophilie dans la culture familiale ont été débattus tout au long du procès.
Selon un expert psychiatre, le jeune accusé est atteint d’un « trouble du spectre autistique se traduisant par l’isolement, un défaut d’empathie et de décodage des affects d’autrui ».
Ses avocats, Rami Chahine et Denis Fayolle se sont déclarés satisfaits de ce verdict. « Les jurés ont pris la mesure de toute la complexité de ce drame », a déclaré Me Fayolle. « Ils sont allés au-delà de l’horreur du crime pour comprendre les circonstances exceptionnelles qui ont fait basculer dans l’horreur un gamin de 18 ans, jamais condamné ».