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Triple meurtre à Angers. À Cœur-de-Maine : « Si on ne fait pas la fête ici, on la fera ailleurs »... |
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Aux beaux jours, en fin de journée, l’esplanade Cœur-de-Maine rassemble la jeunesse angevine qui profite de l’endroit pour boire des verres et profiter des lieux. © Archives Ouest-France
Le triple meurtre commis cet été à Cœur-de-Maine, dans le centre-ville d’Angers (Maine-et-Loire), a refroidi une partie de la jeunesse qui côtoyait les lieux. Mais elle assure que cela n’enlèvera en rien leur envie de continuer à profiter de leur vie étudiante. Elles le feront différemment.
Caroline, Amissa et Johanna, trois amies et étudiantes à Angers (Maine-et-Loire), ont, au cœur de l’été, suivi l’actualité dramatique et la mort des trois jeunes, sur l’esplanade Cœur-de-Maine. « Nous étions en vacances, mais l’information a vite tourné sur les réseaux sociaux. On est touché doublement. D’abord parce que c’est dans notre ville, dans un endroit que l’on connaît bien et puis parce que c’étaient trois jeunes, de notre âge », confient-elles.
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« On ne reste pas longtemps »
Aujourd’hui, elles ne fréquentent plus l’esplanade. « Vous aimeriez, vous, boire une bière au milieu d’une pelouse entourée de grilles de plus d’un mètre de haut ? Franchement, je ne suis pas un animal en cage » , lance Amissa.
Pour leur soirée de fin de semaine, elles préfèrent « se poser », sur l’esplanade Jean-Turc ou à côté des halles gourmandes. « Mais on ne reste pas longtemps. On vient là pour récupérer des amis et après on va en ville. Avant, nous mangeons chez l’une ou chez l’autre et nous venons à pied en ville. Sur la route, nous buvons notre « mélange d’alcool » à la bouteille », sourit Johanna.
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« Si on ne fait pas la fête ici, on la fera ailleurs »
Comme les trois amies, les jeunes sont nombreux à moins consommer dans les bars avant d’aller en discothèque. La raison ? « Le prix des verres dans les bars. On va en boire un ou deux mais on ne va pas se mettre « bien » dans un bar avant d’aller en boîte », témoigne cet étudiant angevin. « Alors on se pose dans l’herbe, on boit des bières, on écoute de la musique et après, si on a envie, on va en boîte ou alors on traîne. »
Le problème de l’hyperalcoolisation dans le centre-ville n’est pas la cause du drame qui s’est déroulé cet été, « mais elle accentue le problème d’insécurité autour de cet espace », confirme Jeanne Behre-Robinson, adjointe au maire d’Angers chargée de la sécurité. « Si on ne fait pas la fête ici, on la fera ailleurs, près de la Maine ou place de la Rochefoucauld » , préviennent les jeunes.