|
Trélazé. Quand les Trélazéens ont choisi Saint-Lézin... |
1
Saint-Lézin bénissant les carrières d’ardoise. © Archives
Épisode 1Â
Saint-Lézin, évêque d’Angers au VIe? siècle, est depuis longtemps associé à l’histoire des ardoisières de Trélazé. La tradition raconte qu’au cours d’un déplacement dans la région, il aurait été frappé par la pauvreté des habitants, installés sur une terre difficile et peu fertile. Beaucoup peinaient à nourrir leurs familles et cherchaient en vain des ressources pour améliorer leur quotidien.
En observant les roches sombres qui affleuraient à la surface, Lézin aurait compris que cette pierre, encore méconnue, pouvait devenir une richesse. Il aurait encouragé les habitants à travailler ce schiste et à en faire un matériau utile pour la construction. Selon la légende, il aurait même béni le lieu et les travailleurs.
Les ouvriers ont pris Saint- Lézin comme protecteur
Peu à peu, l’exploitation de l’ardoise s’est développée et a transformé durablement la vie locale. Les ouvriers, confrontés aux risques d’éboulements et aux conditions difficiles, ont adopté Saint-Lézin comme protecteur. Une chapelle lui fut dédiée près des sites d’extraction, et son nom devint indissociable de la solidarité et du courage des ardoisiers.
Pendant des générations, les Trélazéens ont marché derrière la bannière de Saint-Lézin. Organisées chaque année autour de la chapelle ou de l’église paroissiale, les processions rassemblaient familles, mineurs, enfants des cités et responsables religieux. Pour beaucoup, c’était un moment de cohésion rare, où croyants fervents, pratiquants occasionnels et familles plus éloignées de l’Église étaient ensemble. Aujourd’hui encore, même si la légende relève plus de la tradition orale, Saint-Lézin reste une figure symbolique, sans omettre, que, chaque 4 décembre, les ardoisiers rendaient hommage à Sainte-Barbe, célébrée dans toute l’Europe par les mineurs, les pompiers et les métiers exposés aux explosions ou aux éboulements.
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, Sainte-Barbe et Saint-Lézin n’ont jamais été en concurrence. Les ardoisiers voyaient en Sainte-Barbe la protectrice des métiers dangereux, et en Saint-Lézin le gardien du territoire.