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Trélazé. Quand l’église Saint-Pierre devenait centrale... |
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L’église Saint-Pierre. © DR
Épisode 2Â
Suite de notre série consacrée à l’histoire de la paroisse de Trélazé.
À Trélazé, l’histoire religieuse est intimement liée à celle des ardoisières. La constitution de la paroisse Saint-Pierre telle qu’on la connaît aujourd’hui, est le résultat d’une longue évolution où se mêlent traditions anciennes, bouleversements révolutionnaires et essor industriel.
La présence d’un encadrement religieux à Trélazé est attestée dès 1386, avec des prieurs-curés rattachés au territoire. La chapelle Saint-Lézin, très fréquentée par les habitants, a joué un rôle central pendant des siècles. En 1615, une crue exceptionnelle a presque submergé le grand autel de l’église paroissiale : on choisit alors d’inhumer les défunts à Saint-Lézin, située en hauteur, pour éviter les eaux montantes.
Jusqu’à la fin du XVIIIe? siècle, Trélazé ne forme pas une paroisse autonome. Les habitants dépendaient de Saint-Lézin et de Saint-Barthélemy d’Angers. Les familles vivaient souvent loin des lieux de culte, ce qui compliquait l’accès aux offices, aux sacrements et à l’accompagnement pastoral. Cette dispersion est devenue problématique à mesure que la population a augmenté. Au XVIIIe? siècle, les ardoisières ont connu un développement spectaculaire. La population a augmenté rapidement, les conditions de vie étaient difficiles et les accidents nombreux.
À la veille de la Révolution, près de la moitié des terres appartenaient encore à des institutions ecclésiastiques. La pauvreté était très présente, mais aucun bureau de charité n’existait pour organiser l’aide aux plus démunis. La Révolution française a bouleversé l’organisation religieuse du pays : en 1790, Trélazé est devenu officiellement paroisse autonome, dans le cadre de la réorganisation administrative. La commune peut désormais structurer sa vie religieuse autour d’un lieu central. L’église dédiée à Saint-Pierre commence à être construite en 1803, à quelques mètres de son ancien emplacement situé sur le terrain de la Guiberdière. Elle remplace progressivement les chapelles secondaires, dont celle de Saint-Lézin, très fréquentée par les ardoisiers.