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TÉMOIGNAGES. « Les nuits ont été courtes, il y a eu beaucoup d’adrénaline » : ces maires ont affronté la crue de Loire... |
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Jean-Paul Pavillon, maire des Ponts-de-Cé, ici en inspection sur la partie fragilisée de la levée de Saint-Jean-de-la-Croix. © CO - Josselin Clair
Jean-Paul Pavillon, maire des Ponts-de-Cé, au sud d’Angers, a été mobilisé sur la lutte contre les crues, comme d’autres de ses homologues ligériens.
Les nuits ont été courtes. Il y a eu beaucoup d’adrénaline. Chacun a joué à son rôle à sa place. Et on est jamais seul face à ce genre de situations.
Jean-Paul Pavillon, maire des Ponts-de-Cé, a été mobilisé sur la crue de Loire. Sa commune, construite dans le lit de la Loire et dont le territoire se trouve à 70 % en zone inondable, a été au cœur de l’actualité locale et nationale. Contactés par la station publique France Inter, le maire et ses équipes ont dû organiser une émission délocalisée en direct de Rive d’arts le 19 février denier.
« La mémoire des crues, c’est précieux »
La crue de Loire n’a pas été un long fleuve tranquille pour les maires ligériens. À Denée, Priscille Guillet, maire, a privilégié le contact avec des habitants. Le fleuve peut monter, on le sait
, reprend-elle, comme une forme d’évidence. La commune est située dans une zone d’expansion de crues. Alors, quand ça arrive, le maire est en première ligne.
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Ainsi, il est celui qui déclenche le plan communal de sauvegarde. Et, quand il est lancé, il faut s’assurer que les habitants ne manquent de rien
, relate-t-elle, en prenant une pause. Comme les gilets de sauvetage par exemple. Nous avons la chance d’avoir eu des référents crues dans nos quartiers, qui ont éclairé la décision politique.
Ici, à la confluence de la Maine et de la Loire, le yo-yo du fleuve rythme la vie des Ligériens. Nous avons des anciens qui ont encore la mémoire des crues et c’est précieux
, admet-elle.
Depuis 2018, les communes ont hérité de la compétence de lutte contre les inondations. Une patate chaude qui a toujours du mal à passer. L’État nous l’a transférée sans contrepartie financière
, grogne Yves Berland, maire de Chaudefonds-sur-Layon et vice-président en charge de la Gemapi à la communauté de communes Loire-Layon-Aubance. On a frôlé la surverse sur la digue de Saint-Georges-sur-Loire. Les agents, qui sont intervenus sur la base du volontariat, ont livré un travail formidable. Et puis, c’est vrai que les maires savent faire.
Hasard, un exercice grandeur nature avait été organisé à l’automne dernier sur le secteur ligérien. Scénario : surverse des digues du Petit-Louet et de Saint-Georges.
Les maires passent alors en mode crise. Aux Ponts-de-Cé, le port des Noues est protégé par un barrage mobile. Celui-là même qui a été installé il y a quelques jours. Sauf qu’il ne s’agissait pas d’un exercice. Nous pouvons compter sur l’Établissement public Loire qui intervient en appui de nos communes
, soutient Yves Berland.
Fana de basket et ancien joueur, Jean-Paul Pavillon ne peut s’empêcher de relier les parquets à la crue de Loire. Lors d’un match, c’est le collectif qui permet de l’emporter. Et pour y arriver, il faut s’entraîner. C’est le travail qu’on mène depuis longtemps qui a été mis en œuvre
, signale celui qui est aussi vice-président en charge de l’eau à Angers Loire Métropole. On a fait face sur le mode action-réaction.