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TÉMOIGNAGE. Urgences fermées : malade des poumons, il est baladé du Mans à Angers... |
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Le retraité sabolien Jean-Marie Ferrec respire avec l’aide d’une machine reliée à un tuyau à cause d’une insuffisance respiratoire chronique grave qui s’est déclarée il y a six ans. © Ouest-France
Si le Pôle Santé Sarthe et Loir bénéficie du report de l’application de la loi Rist sur la rémunération des médecins intérimaires qui menaçait l’établissement situé au Bailleul, son service des urgences reste en difficulté. Il est de nouveau fermé la nuit depuis mercredi 27 octobre et jusqu’au mardi 2 novembre 2021. Ces fermetures à répétition depuis des mois ne sont pas sans conséquence. Comme en témoigne le Sabolien Jean-Marie Ferrec, dont la santé nécessite des hospitalisations en urgence.
À 64 ans, Jean-Marie Ferrec vit sous oxygène en permanence. Son visage est barré par un petit tuyau transparent relié à une machine qui vient apporter de l’air dans ses narines, de jour comme de nuit. Cet habitant de Sablé-sur-Sarthe (Sarthe) souffre d’une insuffisance respiratoire chronique (IRC) grave. Elle s’est déclarée il y a six ans, à l’aube de sa retraite, après une carrière de charpentier couvreur et d’ouvrier d’usine du côté de Malpaire, à Précigné.
« C’est de l’emphysème pulmonaire. Les alvéoles de mes poumons ne font plus correctement leur travail et mes bronches s’infectent couramment », résume-t-il. Cette pathologie provoque chez lui des crises qui nécessitent une hospitalisation en urgence quand le volume d’air de sa machine ne suffit plus. « Ça ne prévient pas. Je me mets à étouffer, à ne plus pouvoir respirer. Je deviens tout bleu… »
En rhumatologie au Mans
Quand une crise survient en journée, il est emmené directement aux urgences du Pôle Santé Sarthe et Loir, au Bailleul, où il est suivi par le pneumologue Moncef Afi et son « très très bon service ». Sur place, il est notamment placé sous perfusions et sous médicaments qui complètent l’assistante respiratoire. « Les médicaments dilatent mes bronches. »
Tout se complique quand une crise tombe une nuit où les urgences du Bailleul sont fermées face à la pénurie de personnel. Une situation qui s’est produite plusieurs fois ces derniers mois, avec la multiplication des fermetures nocturnes. Comme lorsqu’il a composé le 15, en juin dernier.
« On m’a envoyé au Mans. J’ai atterri au service rhumatologie, qui n’a rien à voir. J’y suis resté pendant deux jours à côté d’un petit père avant qu’on me transfère au Bailleul, déplore Jean-Marie Ferrec. Ils ont envoyé au docteur Afi le dossier de mon voisin qui souffrait d’une escarre à la fesse gauche… »
Onze heures dans un box à Angers
En septembre, nouvelle crise nocturne. Cette fois, le Sabolien est conduit aux urgences d’Angers. « On m’a fait attendre onze heures dans un box. Puis quatre heures de plus dans une chambre pour passer un scanner. Et finalement, on m’a dit que je le ferai au Bailleul… Comme ils n’ont pas mon dossier, ils n’interviennent pas en réalisant le traitement qui me soulage vraiment et auquel j’ai accès tout de suite quand j’arrive au Bailleul », rapporte le sexagénaire.
En octobre, il a de nouveau fait un crochet nocturne par les urgences d’Angers avant de rallier le PSSL le lendemain. « Je n’ai pas encore fait Château-Gontier et Laval, ironise Jean-Marie Ferrec. C’est un peu le cirque. Et le fait d’être trimballé comme ça crée de la fatigue et du stress supplémentaires. Alors que déjà quand vous n’arrivez plus à respirer, je peux vous dire que c’est l’angoisse », souligne-t-il.
« Le Bailleul est un hôpital formidable. Le problème, c’est le service des urgences », poursuit-il. Un service qui sera encore fermé quatre nuits de plus, jusqu’au mardi 2 novembre.