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Surproduction textile : Emmaüs tire la sonnette d’alarme en Maine-et-Loire... |
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Saint-Léger-de-Linières, samedi 28 décembre 2024. La qualité des vêtements apportés par les donateurs laisse de plus en plus à désirer. © CO – Régine LEMARCHAND
À l’image d’Emmaüs International, Europe et France, la communauté angevine lance un appel contre la surproduction textile qui dégrade la qualité des vêtements issus des dons.
Si les dons en tous genres continuent d’affluer dans les communautés Emmaüs angevines, la quantité rime de moins en moins avec la qualité. Aujourd’hui, on reçoit beaucoup moins de vêtements de marque. Les gens ont tendance à vendre sur Vinted, Leboncoin. Le textile est de plus en plus en mauvais état, avec beaucoup de vêtements synthétiques. On est victime du phénomène de la fast fashion (mode éphémère, N.D.L.R.)
, dénonce Inès Skakovskaia, coresponsable d’Emmaüs Angers, qui compte deux sites à Saint-Serge et à Saint-Jean-de-Linières (Saint-Léger-de-Linières).
Une tendance qui a pour conséquence au niveau national et international l’arrêt des plateformes de tri textile, la pression sur Emmaüs et la saturation du marché recyclé. Avec 200 groupes Emmaüs collectant plus de 360 000 tonnes d’objets par an, le réemploi est devenu le principal levier pour soutenir des projets sociaux. Chez Emmaüs France, notre but est d’inciter les gens à acheter de la seconde main de bonne qualité plutôt que de provoquer cette surproduction de textile de mauvaise qualité
, poursuit-elle.
La dégradation de la qualité des vêtements n’est pas la seule catégorie concernée. C’est valable aussi pour la vaisselle, les bibelots… Avant, on trouvait des perles rares, des objets de valeur.
En revanche, l’association trouve ses limites pour l’électroménager. C’est plus difficile. On ne répare pas, on teste et quand ça ne marche pas, ça part en filière DEEE (équipements électriques et électroniques)
, conclut Inès Skakovskaia.