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Sur HBO Max, la série « Merteuil » pose un regard féministe sur « Les liaisons dangereuses »... |
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Anamaria Vortolomei, Diane Kruger et Lucas Bravo dans « Merteuil » sur HBO Max. © Caroline Dubois / HBO Max
Pour sa première production originale en France, HBO Max s’attaque à une nouvelle adaptation d’un classique de la littérature : « Les liaisons dangereuses ». « Merteuil » se dessine comme une sorte de préquel moderne et sensuel de cette histoire inoubliable d’ego, de désir, de luxe et de vengeance.
Le roman épistolaire de Pierre Choderlos de Laclos semble définitivement intemporel. Moult fois adaptées au cinéma (notamment grâce à l’inoubliable film de Stephen Frears) ou en série, Les liaisons dangereuses sont de retour dans une version à la fois classique et moderne, mais surtout sensuelle. Pour éviter l’écueil de la comparaison avec les autres œuvres, le scénariste Jean-Baptiste Delafon (Baron noir) et la réalisatrice Jessica Palud (Maria) offrent dans cette mini-série une sorte de préquel à l’ensemble. « Je trouvais le projet dangereux car il a beaucoup été fait, abonde la réalisatrice. Ce qui m’a séduite ici, c’est qu’on m’a proposé de raconter comment Merteuil est devenue Merteuil. »
Aidé par une mise en scène léchée, le spectateur suit l’histoire d’Isabelle de Merteuil (Anamaria Vortolomei, intense), née orpheline et pauvre, qui se laisse piéger par les fausses promesses du vicomte de Valmont (Vincent Lacoste) et les avances perverses du comte de Gercourt (Lucas Bravo). Pour redorer son image et obtenir sa revanche, Isabelle pourra compter sur madame de Rosemonde (impeccable Diane Kruger), la tante de Valmont.
Après un générique pop tiré d’un titre de Woodkid et un premier épisode maladroit dans lequel s’enchaînent avant tout des scènes de sexe, Merteuil se rapproche, au fil de ses six épisodes, de l’histoire que l’on connaît. « On ne devait jamais tomber dans la vulgarité, souligne Jessica Palud. Toute scène intime raconte quelque chose : la première fois, l’amour, la vengeance… »
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Luxe et volupté
Comme avait pu le faire Sexe intentions en 1999, Merteuil modernise ce récit en changeant le prisme de son triangle amoureux. Après son agression, c’est ici Merteuil qui mène la danse. « C’est un peu le #MeToo du XVIIIe siècle », continue la réalisatrice. Un regard féminin bienvenu et bien vu sur cette histoire qui embrasse son cadre historique, grâce notamment à des décors et costumes somptueux, tout en sachant jouer l’anachronisme quand il le faut. « Jessica nous a laissé beaucoup de liberté, ajoute Lucas Bravo. J’ai une boucle d’oreille, une canne… On a pu tester des choses, avec la sensation de remonter le temps. » Résultat, les personnages emblématiques du roman sont bien présents, la trame est respectée mais la fougue de leur jeunesse permettra sûrement à une nouvelle génération de s’intéresser à ce récit.
En conservant par petites touches un aspect épistolaire, Merteuil a ce qu’il faut de romanesque pour finir de séduire complètement. Quoi de plus facile face à une histoire si forte qui flirte avec brio avec luxure, sexe, ego et vengeance terrible ?
Six épisodes. Sur HBO Max.