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Sécheresse. Une association du Maine-et-Loire porte plainte contre « les voleurs d’eau »... |
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L’Argos le 16 août 2022. © Archives CO – Marie-Hélène MORON
L’Association Bien vivre en Anjou porte plainte ce 28 février 2023 auprès du procureur de la République d’Angers concernant la ressource en eau. Elle met en cause des pompages dans la rivière Argos, dans le Segréen.
L’Association Bien Vivre en Anjou (ABVEA) a adressé ce mardi 28 février 2023 un courrier au procureur de la République d’Angers, l’informant de sa décision de porter plainte contre X concernant la ressource en eau et l’approvisionnement en eau potable. La lettre cible les voleurs d’eau
en basant son argumentaire sur le niveau de la rivière l’Argos, qui recommence à jouer du yoyo
. Des variations que l’association impute à des pompages abusifs d’irrigants en l’absence de contrôles. En période de sécheresse, en août 2022, la présidente Anne Danjou avait déjà dénoncé « l’assèchement de l’Argos et la mort des poissons » dans cet affluent de l’Oudon.
« Accaparement de l’eau »
Plusieurs irrigants ont des autorisations préfectorales de pompage dans l’Argos. Ces autorisations sont limitées de deux façons : du 1er novembre au 31 mars et en fonction du débit de la rivière. D’autres pompent dans la nappe via des forages. Certaines de ces autorisations ont été données pour une activité de maraîchage. Ici elle n’a jamais vu le jour et ce sont 40 hectares de maïs qui sont irrigués depuis deux ans. Ces autorisations préfectorales n’ont déjà pas été respectées l’année dernière et elles ne le sont pas, non plus, cette année
, affirme Anne Danjou dans ce courrier. Sur l’Argos on assiste bien à l’accaparement de l’eau par une petite partie de la profession agricole pour ses besoins personnels.
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Au détriment de « la faune », « la flore », « d’autres agriculteurs » et « des riverains »
L’eau est un bien commun. Celui qui se sert largement, en étant hors la loi, le fait au détriment de la vie de la rivière, de la biodiversité, au détriment de la faune, de la flore et du rôle des zones humides, au détriment d’autres agriculteurs qui en période d’étiage ne peuvent même plus abreuver leurs bêtes, au détriment des riverains
, argumente l’ABVEA. Selon Anne Danjou, l’Argos n’est qu’un exemple de ce qui se passe ailleurs sur le Bassin de l’Oudon, du Layon
où tout prélèvement pirate s’y remarque rapidement et produit de vrais et graves dommages
.
La peur d’une multiplication
L’association rappelle qu’un Projet de territoire pour la gestion de l’eau est en cours de réalisation en Maine-et-Loire. Elle considère qu’ il ne peut pas y avoir de projet de partage de l’eau basé sur des données fausses
et demande notamment un diagnostic
des plans d’eau utilisés pour l’irrigation. Les voleurs d’eau le font en toute conscience. […] La crainte de l’Association Bien Vivre en Anjou est qu’ils se multiplient
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