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Saint-Léger-de-Linières. Une commémoration pour la liberté... |
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Au site de la gare de la Roche, l’illusion était parfaite les 10 et 11 août. Les Américains sont bien présents et en deçà, il y a les soldats de la Wehrmacht. © CO
C’était un week-end de souvenirs à la gare de la Roche de Saint-Jean-de-Linières, le week-end des 10 et 11 août, où les uniformes de la Seconde Guerre mondiale étaient au rendez-vous.
L’illusion était parfaite et parfois troublante à la gare de la Roche à Saint-Jean-de-Linières, lors des deux journées consacrées à une tranche d’histoire, glorieuse certes, mais douloureuse parfois, samedi 10 et dimanche 11 août.
Un camp d’engins américains et allemands, des gens habillés comme à l’époque à l’exemple de Martine Richoux, présidente de l’Association des amis du Petit-Anjou (AAPA), en jupette et petit corsage, des soldats de la Wehrmacht dans leur uniforme gris-vert, le petit train de la Libération et les drapeaux s’agitant aux fenêtres, la Marseillaise entonnée avec vigueur… tout était réuni.
« De Gaulle voulait placer ses hommes »
La présidente de l’AAPA et le maire de Saint-Léger-de-Linières Michaël Bilot ayant décrit préalablement les péripéties et événements militaires de cette Libération de l’Anjou, il appartenait au préfet de Maine-et-Loire, Philippe Chopin, d’en préciser l’aspect politique. Ce qui a été fait avec la relation très documentée de l’épisode de la prise de pouvoir à la préfecture d’Angers.
« Je viens prendre, au nom du gouvernement du général De Gaulle, mes fonctions de commissaire de la République. Je m’installe donc à votre place », avait déclaré Michel Debré, qui, le 10 août 1944, était entré à la préfecture sans guère d’opposition et avait signifié au préfet en place Charles Donati, qu’il avait quelques heures pour quitter les lieux, libre certes, bien que représentant le gouvernement de Vichy mais « n’ayant pas collaboré », tenait à dire Philippe Chopin. L’idée était de s’imposer auprès des Américains, le général De Gaulle voulant placer ses hommes
, a poursuivi Philippe Chopin. Un hold-up audacieux qui trouvait une conclusion heureuse mais qui ne résolvait nullement le problème, la guerre se poursuivant de manière incertaine.
Marie, béret incliné sur la tête, a tenu à revivre ces moments lointains. Une grande émotion l’envahit au spectacle de ces uniformes verts et gris et du berger allemand au bout de la laisse.
« J’étais haute comme trois pommes. Sur la place du village, nous avons été surprises mes amies et moi par trois Allemands fiers et arrogants. Ils discutaient sans retenue, l’un d’eux tenant en laisse un chien particulièrement nerveux. Apeurées, nous avons continué notre course, avant de reprendre notre souffle après avoir fui. Les Allemands riaient à gorge déployée, ils étaient les vainqueurs et ne manquaient pas de le montrer. »
Au site de la gare de la Roche, il y a eu une grande affluence durant ces deux journées de commémoration. La Marseillaise a résonné de manière particulière et plus profondément chez ceux qui ont connu l’événement.