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Saint-Léger-de-Linières. Un temps d’échanges sur la mort à la bibliothèque... |
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Le bâton de parole est passé de main à main, permettant à chacun un temps d’expression sur un moment douloureux de l’existence. © CO
L’association Paroles croisées a proposé un temps d’expression sur un sujet que l’on évite souvent, les ultimes moments de la vie, jeudi dernier à la bibliothèque municipale de Saint-Léger-de-Linières.
« Café mortel ! » Le sujet résonnait de manière un peu sombre et n’était peut-être pas de nature à attirer beaucoup de monde. Une dizaine de personnes était présente, mais c’était le vœu de l’association « pour faciliter une parole singulière. Il n’y a pas non plus de thème prédéterminé ».
L’accueil était donc intime, chaleureux et la parole s’est libérée.
Nous y sommes tous confrontés »,
a rappelé par exemple l’un des participants, biologiste dans sa vie professionnelle, donnant le ton d’une discussion à la fois sincère et profonde, tandis que d’autres exprimaient leur besoin d’ouverture sur le sujet. Ça fait du bien d’en parler.
Je n’ai jamais été confronté au départ d’un être cher, je suis curieuse de savoir.
Comment parler de la mort en toute sérénité ?
L’attente était vive et Claudine Nollet, de l’association Paroles croisées, a alors proposé le passage d’un bâton pour un temps de parole. Le respect de chaque point de vue, la bienveillance et le parti pris de ne pas juger permettront un partage riche »,
a-t-elle souligné.
Les témoignages se sont succédé, divers, sincères, douloureux, provoquant des sourires parfois. Il s’agissait de la disparition d’un jeune frère, de la perte d’un parent âgé, de l’accompagnement d’un ami luttant contre la maladie, de décisions difficiles à prendre après la mort accidentelle d’un mari, ou encore du souvenir plus lointain du vécu de la mort pendant la guerre d’Algérie.
Chacun s’est interrogé en cette fin de soirée, la société ayant beaucoup évolué dans les dernières décennies. « Comment aborder un tel sujet avec les enfants ? Faut-il aller visiter les morts ? » Et cette autre question qui hante les esprits : « Ne faudrait-il pas réintroduire la mort dans notre société ? » Marie-Hélène Morel-Chevillet, coprésidente de l’association ABCD, a décrit « un moment rare pour évoquer un sujet que l’on préfère souvent éviter. Et pourtant, a-t-elle poursuivi, c’est aussi partager notre condition humaine. »