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Saint-Léger-de-Linières. Libérer la parole autour de la mort... |
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Autour de Claudine Nollet (2e à partir de la gauche), les langues se sont déliées autour d’une table bien garnie. © CO
Une quinzaine de personnes ont accepté de venir échanger, vendredi à la bibliothèque, sur un thème difficile, celui de la mort.
Fidèle à son esprit d’ouverture à tous les sujets de société, la bibliothèque municipale ABCD de Saint-Léger-de-Linières a organisé vendredi une rencontre avec l’association Paroles croisées sur le thème : « Autour de la mort ». La table était chargée de victuailles et de boissons, les langues se sont déliées.
La bibliothèque a déménagé l’année dernière et a trouvé au cœur du bourg une aura et une dimension qui lui faisaient peut-être défaut lorsqu’elle jouxtait le groupe scolaire. « Nous étions la bibliothèque dédiée aux enfants de l’école, nous sommes aujourd’hui un centre culturel dans un espace public. On ne manque pas de nous rendre visite, la baguette sous le bras », confient les deux co-présidentes Anita Legrais et Marie-Hélène Morel-Chevillet. Sans doute faut-il assurer les permanences pour la distribution des livres, mais l’ABCD a cette autre ambition d’organiser des animations culturelles qui touchent enfants et adultes.Pour ces derniers, cette réunion revêtait un caractère très particulier puisqu’il s’agissait de parler du moment extrême, qui peut s’avérer « douloureux, touché par la délivrance, insupportable, partagé, chargé d’émotions, » selon des mots qui ont été prononcés ce soir-là. Mais oui, la parole s’est libérée dans ce « café mortel » qui a concerné une quinzaine de personnes réunies « pour faciliter une parole singulière ». « Il n’y a pas de thème prédéterminé », a tenu à dire Claudine Nollet, de l’association Paroles croisées.
Un bâton qui court de main en main
Le passage d’un bâton pour un temps de parole a contribué à cette ambiance conviviale qui s’est installée autour de la table, où l’on a discouru « dans le respect de chaque point de vue, la bienveillance et le parti pris de ne point juger », a poursuivi Claudine Nollet. On s’est libéré, on s’est rallié à l’idée qu’on devait en parler, le bâton a couru de main en main. « Je vais souvent me promener dans les cimetières et j’y trouve, dans ma vie agitée, une plénitude et un apaisement qui me font du bien », a dit l’un. « Je revois cet accompagnement de toute la famille dans les derniers moments de l’aïeule, les enfants allant et venant jusqu’au lit et lui disant de jolis mots », a dit un autre.
Les deux co-présidentes, qui avaient osé organiser cette rencontre sur un sujet dont on parle peu, se sont félicitées du succès obtenu et entendent poursuivre dans la voie tracée, celle de la prospection des sujets tous azimuts.