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Saint-Léger-de-Linières. L’ABCD s’est fait une place... |
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La bibliothèque municipale – bâtiment à droite – a trouvé refuge au cœur du village auprès des commerces. Une cohabitation qui se révèle aujourd’hui gagnante, la baguette de pain pouvant s’allier avec le livre de poche. © CO
Quelques mois après le déménagement de la bibliothèque dans le centre- bourg, celle-ci attire de nouveaux adhérents. Une opération payante.
À Saint-Léger-de-Linières, l’ABCD, bibliothèque du réseau Latulu, créée il y a deux décennies, est gérée par une association de 19 bénévoles qui assurent les permanences, le renouvellement et l’entretien des livres.
Tenue de quitter une proximité un peu pesante avec les écoles, elle a élu domicile dans l’ancienne supérette au cœur du village de Saint-Léger-des-Bois à l’automne dernier. Une opération audacieuse mais qui se révèle aujourd’hui particulièrement payante. La bibliothèque touche un public plus large et diversifié, la fréquentation est en hausse, les animations sont courues.
De nouvelles inscriptions
« Nous ouvrons même le dimanche », s’exclame-t-on à l’ABCD, conscient qu’on ne pouvait rester porte close en ce jour de fréquentation des marchés. Trop belle l’occasion pour le chaland, qui baguette sous le bras, franchit le seuil de la caverne d’Alibaba et s’attarde dans les rayons.
« Un ami, le livre qui peut nous procurer des moments délicieux, qui ne nous fatigue pas, qui se tait quand nous voulons. Et quel bonheur quand les mots arrivent à nous happer », souffle l’aventureux qui inconsciemment s’est oublié dans un fauteuil. « Nous avons enregistré des inscriptions fréquentes en ce début de saison, et souvent de personnes plus acquises au petit écran et à l’image qu’au roman d’auteurs d’aujourd’hui », notent les bénévoles de l’ABCD d’autant plus que celle-ci possède un large éventail de BD à l’adresse des petits et grands. Mais oui, l’occasion était bonne, elle a créé le larron.
Et sans doute pour convaincre les hésitants, la bibliothèque organise des événements, tel le dernier biblio-café où dans les effluves d’une boisson chaude, deux auteures de livres, Manon Naud et Anne Geslin, ont raconté leurs aventures, telle cette balade contée dans les bois. Parfois dans les rendez-vous voués à la lecture à voix haute, un couple de retraités, Josette et René Guémas raconte une petite histoire dans « noût vieux parler, l’patoés d’aut’foés. » Josette et René se complaisent dans le récit d’une nouvelle qui s’intitule « Amour du vin, amour divin ». « Avoue qu’en quinze ans de mariage, tu m’as plus souvent vu boire du rouge que broyer du noir », débute René à l’adresse de sa compagne. Tous deux apportent dans cet échange un brin de malice et de bon sens qui sied parfaitement à leur couple et qui ce soir-là a bien fait rire l’assistance.