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Saint-Léger-de-Linières. Il distille ses eaux de vie de manière artisanale... |
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Florian Godineau apporte un soin particulier à la conception d’un rhum traditionnel. Celui-ci vieillit durant six mois dans des fûts en chêne. © Ouest-France
Florian Godineau a installé une distillerie artisanale, chemin des Gohardières. Un accomplissement personnel puisque son grand-père était bouilleur de cru.
Les gens d’ici
Un brin d’admiration et beaucoup de respect à l’égard de son grand-père, bouilleur de cru dans le Choletais, qui lui a laissé en héritage les recettes de ses distillations et l’amour du métier. « J’ai repris le bâton de pèlerin, même si ce n’est qu’une activité secondaire, sourit le petit-fils. Ça m’apporte une dimension culturelle et émotionnelle unique. Je contribue à préserver mon patrimoine culturel et familial. Je vois encore les volutes de fumée qui s’élevaient au-dessus de la chaudière. »
Florian Godineau a ouvert il y a deux ans une microdistillerie qui produit whisky, vodka et gin pour une clientèle fidèle, constituée en grande partie par les épiceries fines et les particuliers. La Distillerie de l’Anjou, une alternative avec les alcools produits à grande échelle. « Tout est fait de manière artisanale, à partir d’un alambic en cuivre plus modeste que celui utilisé par mon aïeul, mais tout aussi performant », confie-t-il.
L’atelier se loge sous un hangar, où les bottes de paille assurent une étanchéité et une protection contre les températures excessives et favorisent l’élaboration d’un produit de qualité.
En juin, l’artisan a reçu un conteneur de 1 500 kg de mélasse à canne à sucre, tout droit venu de Martinique. « J’étais dans l’attente depuis quelques jours. Le produit est prestigieux et manquait à ma collection », se réjouit Florian Godineau, qui compte bien l’utiliser pour distiller un rhum traditionnel.
« Tout est intérieur et m’appartient »
« C’est la méthode traditionnelle », explique-t-il. Fermentation d’un extrait de celle-ci pendant 15 jours, distillation deux jours d’affilée pour obtenir la précieuse eau de vie et vieillissement durant six mois dans les fûts en chêne. Il trouve acquéreurs auprès de cinq boutiques d’artisans de Montreuil-Juigné, La Ménitré, Saint-Germain-sur-Moine, Sèvremoine et Châteaubriant.
Et pas la peine de chercher, ses recettes familiales sont introuvables. « Tout est intérieur et m’appartient. Je maintiens vivants les savoir-faire, les pratiques et les valeurs d’une profession auxquelles mes ascendants étaient attachés, insiste-t-il. Cela m’apporte une dimension culturelle et personnelle qui me rendent heureux. »
Les bouteilles aux étiquettes typiques s’alignent sur l’étagère, faisant flotter un air de western dans l’atelier.
Site internet : distillerie-anjou-anjou.com