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REPORTAGE. À Angers, la bibliothèque universitaire, ce refuge pour les étudiants isolés

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photo à la bibliothèque universitaire d’angers, les personnels sont aux petits soins pour les étudiantes et étudiants. conseils, orientation, présence, dialogue… ils participent à renouer un lien social distendu parmi la communauté. © ouest-france 6

À la bibliothèque universitaire d’Angers, les personnels sont aux petits soins pour les étudiantes et étudiants. Conseils, orientation, présence, dialogue… Ils participent à renouer un lien social distendu parmi la communauté. © Ouest-France

Étudiants, une vie sous Covid. À l’Université d’Angers (Maine-et-Loire) il est un lieu resté ouvert vers lequel les étudiantes et les étudiants convergent : la bibliothèque universitaire. Au-delà d’un endroit où ils peuvent travailler, c’est aussi, et surtout, un facteur de lien social. Celui qu’ils ont perdu. Premier volet de notre dossier consacré à la galère étudiante et aux solutions qui existent.

Jeudi 21 janvier, fin de matinée. Sous un ciel caillou, les bâtiments du campus Saint-Serge de l’Université d’Angers (Maine-et-Loire) donnent… sur du rien. Un parvis, une pelouse, plus loin. Vides. Les abords sont déserts, il y a du vent, une pluie fine et le bruit de la quatre voies, qui respire fort, à côté. Il ne manque plus que les virevoltants pour achever le tableau, façon western à la Sergio Leone.

À la bibliothèque universitaire (BU) comme dans les étages des bâtiments administratifs, il y a pourtant de la lumière et des gens dedans. Comme un contraste.

« C’est un peu leur deuxième maison »

« Nous sommes ouverts de 8 h 30 à 19 h 30, précise France Chabot, la responsable de la BU. Vraiment ouverts. C’est quand même énorme. »

C’est surtout, pour les étudiantes et les étudiants, une vraie bouffée d’oxygène dans un monde qu’ils ne reconnaissent plus.

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« C’est un peu leur deuxième maison aujourd’hui… souffle France Chabot. Ceux qui vivent dans un petit logement, qui n’ont pas de connexion à Internet, sont toujours très heureux de venir ici. »

« Ça permet de ne pas rester tout seul chez soi »

D’accord, les places sont limitées. De 900, le nombre est passé à 300, en raison des mesures sanitaires liées à l’épidémie de Covid-19. D’accord, il faut réserver. C’est même impératif. D’accord, le masque est obligatoire, les distances sociales aussi. N’empêche. Il y a de la vie. Il y a les autres. Si loin si proches.

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« Le fait d’être là, ç a permet de voir du monde, de ne pas rester tout seul chez soi », dit Benjamin. Avec lui, il y a Aline et Anne-Lise. Tous trois sont en première année de médecine.

Les cours à distance, ils connaissent. Ils savent aussi que pour le concours qu’ils préparent, il ne faut pas une bonne note. « Il faut être le meilleur. » Ils ont pigé tout ça, ils ont accepté le contrat, quelque part. Mais ils sont contents de se retrouver.

« Ça fait du bien de parler »

« Ça faisait un mois que je n’avais vu personne, à part ma famille, sourit Aline derrière son masque. Là, je retrouve des gens et ça fait du bien de parler. Ça me change du quotidien. »

Devant l’un des nombreux ordinateurs mis à disposition, au premier étage, Loïc, en deuxième année d’anglais, fait comme tout le monde. Il bûche. « Normalement, je devrais aller à la BU de Belle-Beille, mais c’est plus pratique pour moi de venir à Saint-Serge. » Lunettes sur le nez, masque sur la bouche, écouteurs dans les oreilles, il apprécie le calme. Il le savoure, même.

« On est nombreux à ne pas pouvoir travailler à domicile, dit-il. Pour diverses raisons. Moi, c’est le bruit. Ma mère est assistante maternelle et si je vous dis : faites votre boulot avec quatre enfants à la maison… » Il ne termine pas sa phrase, Loïc. Pour laisser parler l’évidence.

« Je nage »

Quelques mètres plus loin, au-delà d’une travée de savoir, Erwan, lui aussi, phosphore sévère. En première année de droit, il fait « ce qu’il peut », comme il dit, pour assimiler les cours. « Je nage », s’excuse-t-il presque.

La fac, c’est un monde nouveau, pour lui. « Ça change du lycée, souffle-t-il. Et là, avec la fermeture, c’est vraiment dur. » Son quotidien : une vie solitaire dans un petit studio en centre-ville. « Je ne suis pas d’Angers, précise-t-il. Et je ne veux pas rentrer dans ma famille. »

« Je me pose la question de savoir si je vais continuer »

Alors il prend cher, en ce moment. Comme d’autres. Beaucoup d’autres. « Financièrement, ce n’est pas évident. Les cours non plus, ce n’est pas évident. Je me pose la question de savoir si je vais continuer. »

Son refuge, son îlot, c’est la BU. « Je revois des gens, je discute. Ça me fait du bien. Et le personnel est sympa. » Il hoche la tête, pour appuyer ses propos, puis pique du nez. Vers ses cours.

Dans ce temple de la connaissance, dans un silence de cathédrale, il y a aussi Ruxandra, Florentine, Albane ou encore Emma.

« Au premier semestre, j’étais rentrée chez moi, dans ma famille, et ça ne s’est pas très bien passé, explique Emma, étudiante en droit. Là, j’ai décidé de revenir à Angers et de faire mes cours à la BU. Pour être mieux entourée, en fait. »

Avec son amie, café en main, elle quitte les lieux. Dehors, il fait moche. Il pleut, il vente et le campus reste vide. Mais, derrière elles, à la bibliothèque universitaire, elles savent. Il y a toujours de la lumière.

 
Jean-Philippe NICOLEAU.   Ouest-France  

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